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Rochemontes

Rochemontès s’offre un gala pour son 20ème -et dernier- concert !

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Il y a un proverbe qui dit que toutes les bonnes choses ont une fin… Certes ! Ce dernier concert à l’Orangerie de Rochemontès te réserve bien des surprises. Pour les oreilles. Les yeux. Et les papilles !

L’Orangerie du Château de Rochemontès est un bâtiment du XVIIIème siècle, adossé à un parc à la française dessiné par Le Nôtre, surplombant la Garonne aux portes de Toulouse. De janvier 2012 à ce jour cet écrin idéal pour la musique de chambre aura accueilli -4 fois par an- les plus grands solistes, voix, piano, cordes, vents, en solo, duo, trio, dans un répertoire varié, baroque, classique, romantique… Avec pour maître-mot : l’excellence.

Pour cet ultime spectacle certains d’entre eux ont pu se libérer pour nous offrir leur présence et leur art. Une bien belle aventure de dimanches à la campagne, musicaux et conviviaux en compagnie de ces généreux amis musiciens, se clôturera donc en beauté !

Car ce 20ème et donc dernier concert sera grandiose ! Et en deux parties s’il-te-plaît ! En effet, après le concert habituel de l’après-midi, la fin de journée aura le plaisir d’accueillir pas moins de 20 artistes.

Dimanche 20 novembre à 16 h 30, ce sera Schumann l’invité…

Orianne Moretti, soprano (et également à la mise en scène) sera accompagnée d’Ilya Rashkovskiy au piano pour l’opéra de chambre A travers Clara d’après Les Correspondances et Le Journal intime de Clara et Robert Schumann.
Musique : Clara Wieck-Schumann, Robert Schumann et Jean-Sébastien Bach.
Ce concert est en partenariat avec le Goethe Institut de Toulouse.

A l’issue du concert, l’apéritif (au jardin si le temps le permet) fera rimer muscats et vins bios. Offerts par la ferme aux Téoulets de Merville, et Le Domaine du Vieux Genévrier d’Opoul, voilà de quoi rafraîchir le public et lui permettre de se remettre de ses émotions… Mais pas longtemps car la journée n’est pas terminée…

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Quand Robert Schumann rencontre pour la première fois Clara Wieck en 1828, il a 18 ans, elle en a robert-clara-29. Robert est tout de suite fasciné par la jeune Clara, pianiste virtuose et déjà compositrice. C’est le début d’un destin exceptionnel que le couple de musiciens consignera dans des Correspondances puis un Journal intime. En 1854, Robert part pour l’asile. Clara Schumann ne le reverra qu’avant sa mort en 1856.

Cet opéra de chambre embrasse l’univers du piano, du chant et de la littérature. La musique éblouissante et méconnue de Clara Schumann nous fait découvrir une communion spirituelle et artistique singulière entre une femme et un homme d’exception. Voyage musical, voyage épistolaire, A travers Clara nous transporte dans l’univers sonore et émotionnel d’une époque, l’Europe romantique, à travers la sensibilité et le talent d’une femme.

Un spectacle tout public empli d’émotions.

ORIANNE-MORETTIParée d’une très riche expérience allant de la danse classique et contemporaine, au théâtre, en passant par le violon et l’enseignement de l’Histoire, la ravissante et gracieuse soprano et dramaturge corse Orianne Moretti cache, sous un parcours atypique, une artiste aux multiples talents. La saison 2015/2016 aura été riche pour elle de nombreuses créations tant comme interprète que comme metteur en scène, réunissant chanteurs, danseurs et comédiens.

Elle forme un duo d’un charme fou avec le pianiste russe Ilya Rashkovskiy au palmarès14433013_10210371664105920_8485988568425866449_n impressionnant : Premier Prix des Concours Internationaux de piano Hamamatsu et Prix du Public (Japon, 2012), Citta di Pinerolo (Italie, 2012), Jaén (Espagne, 2005), Concours de Hong Kong (Chine, 2005), lauréat des prestigieux concours Long-Thibaud (2ème Prix), Reine Elisabeth (4ème Prix), international Artur Rubinstein (3ème Prix) et George Enesco à Bucarest (2ème Prix). Depuis il se produit dans le monde entier pour les scènes et festivals les plus enviés.
Leur CD A travers Clara est sorti en mars 2015.
En savoir plus sur leur site.

 [Crédits photos François Charles]

Gala de clôture à 19 h 30

Ils et elles ont enchanté l’Orangerie depuis 2012 et seront là pour cette jolie dernière. Viens partager un programme surprise, présenté par François Castang, avec (sous réserve) :
Voix chantée : Magali Léger, Orianne Moretti, Martine Gonzalez
Voix parlée : Laure Urgin, Solange Bazely, François Castang
Piano : Thierry Huillet, Jérémie Honnoré, Ilya Rashkovskiy, François Riu-Barotte
Clavecin : Yasuko Uyama-Bouvard
Violon : Clara Cernat
Fûte à bec : Jean-Marc Andrieu
Flûte traversière : Sandrine Tilly
Basson : Laurent Le Chenadec
Guitares : Sébastien Llinarès, Frédéric Denépoux

A travers Clara : 24 € // étudiant : 15 € // gratuit pour les moins de 10 ans. Apéritif offert.

Gala de clôture : 36 € // étudiant 24 € // enfant de moins de 10 ans 15 €. Cocktail dînatoire inclus.

Et pour les plus gourmands qui souhaiteraient profiter de tout : 54 € // étudiant 36 € // enfant de moins de 10 ans 15 €. Apéritif et cocktail dînatoire inclus.

Réservations et payement en ligne sécurisé par ici.
Renseignements : Catherine Kauffmann-Saint-Martin  *05 62 72 23 35 * 06 81 46 37 21
Orangerie de Rochemontès – Route de Grenade à Seilh
Plan d’accès

« Honneur aux dames » à l’Orangerie de Rochemontès

1-Aline &  Martin+public-Rochemontès-nov 2015©JJ.Ader

Des nuages ont passé sur l’automne ces dernières semaines. Mais il y a eu de belles journées ensoleillées qui éclairent ce que les humains font de bien. Le 8 novembre fut une de ces journées. LVER t’a parlé (ici) des concerts à l’Orangerie de Rochemontès, et si tu n’y es pas allé, elle y est allée pour toi !

Un soleil radieux éclairait le domaine, nous permettant de profiter du cadre magnifique. On entre dans le bâtiment de l’orangerie, tout en brique, à l’immense plafond. Au centre contre le mur, une estrade, éclairée par de chaleureux spot. Là, les instruments trônent. La salle se remplit doucement, Catherine Kauffmann-Saint-Martin accueille les gens avec un grand sourire.

CKSM-Rochemontès-nov. 2015©Jean-Jacques Ader

Catherine Kaufmann-Saint-Martin, l’organisatrice amorce la soirée – photos ©J.J. Ader

2-Aline & Martin-Rochemontès-nov. 2015©JJ. Ader3-Aline & Martin-plan large dos+public©JJ.AderUne petite présentation de l’organisatrice, et la magie démarre. Les sonorités scintillantes du clavecin sont complétées par la chaleur de l’orgue positif sur un concerto de Vivaldi. Aline Zylberajch et Martin Gester, époux dans la vie comme sur cette scène, dialoguent, se parlent, complices à travers J.S. Bach, un concerto de Telemann, les variations sur les Folies d’Espagne de C.P.E. Bach. Entre les pièces, ils nous parlent de musique, avec passion et simplicité, présentant en quelques mots le contexte qui donnera plus de profondeur à l’écoute. Et on se laisse emporter par quelques œuvres plus solitaires comme les sonates de Scarlatti. Enfin nous avons eu droit à un bis avec une joli Pastorale concluant le programme de façon légère. Le petit coup de cœur de votre serviteur va à CPE Bach et Telemann avec les alternances de passions entre le phrasé sanguin et mélancolique.

A la fin du concert, un petit buffet avec vin et produits régionaux accentue la convivialité du moment. Il est possible d’admirer les instruments de près, notamment l’intérieur génial de l’orgue Deblieck, et surtout d’aller saluer et parler avec les musiciens, grands noms de la scène baroque.

Si tu souhaites vivre l’expérience des concerts à l’Orangerie, la saison 5 «Honneur aux dames» vient juste de débuter ! Il est possible de consulter le programme sur leur site.

Prochain concert :

Dimanche 14 février avec la pianiste Muza Rubackyté, qui présentera entre Prokofiev et Schumann, des pièces de son compatriote Mikalojus Konstantinas Čiurlionis.

Et si le temps te semble long d’ici le 14 février, il y a toujours la possibilité de voir les DVD de la saison dernière. LVER a apprécié la qualité des films et du programme. On voit les musiciens vivre la musique et des gros plans nous montre les détails du jeu sur les instruments. Un agréable moment à partager.

 

Les petits plaisirs du Seicento :

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Grâce à l’orchestre les Passions, nous plongeons dans la naissance de la musique baroque au début du XVIIème siècle avec un trio dulciane, flûte à bec et claviorganum, des instruments inhabituels. Tu ne les connais pas ? Alors c’est l’occasion ! Et si tu les apprécies déjà, la musique de Frescobaldi, de Merulo, de Rossi et d’autres encore est vive et colle au cadre bucolique de l’Orangerie. On adore la présentation des instruments et les indications musicologiques de Jean-Marc Andrieu, qui restent légères pour ne pas ennuyer mais font découvrir plus profondément le sujet.

 

 

 

DVD jaquette- Rochemontes-Duo MelisandeDVD galette-Duo Melisande

Variations Goldberg et musique espagnole :

Le duo Mélisande lui, nous emmène dans l’univers de la guitare classique avec J.S. Bach et la musique espagnole d’Albeniz et Turina. La vidéo est belle, le son est bon, et le programme envoûtant. Très intimiste, les deux guitares s’accompagnent dans le calme des très classiques variations Goldberg, puis deviennent plus lyriques et rythmées sur le tango d’Albeniz, la Mallorca et la Danza de seduccion de Turina.

 

 

Te voilà donc avec une belle idée de cadeau pour la fin de l’année !

 

Informations pratiques :

Programme et renseignements ici. Réservations .

05 62 72 23 35 – cksm@orange.fr

Orangerie de Rochemontès – Route de Grenade – 31840 Seilh

Duo clavecin-orgue à l’Orangerie de Rochemontès et Orgue à Cintegabelle

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Nous t’avions parlé de ce rendez-vous de musique classique lors de la précédente édition. Tout un programme, enflammé de Passions, de quatre mains, de contes et autres ingrédients dans le chaudron magique de Catherine Kaufmann-Saint-Martin, présidente-fondatrice de Concert à l’Orangerie de Rochemontès.

Réjouissons-nous, la saison 5 est dans la marmite !

Dans ce magnifique cadre que nous présentions dans des articles précédents, les doigts habiles s’agiteront et les voix vibreront sur le thème Honneur aux Dames. Au menu : pas de canards à l’Orangerie, mais de la fantaisie que diable ! Les musiciennes y seront largement représentées, seules ou accompagnées de leurs partenaires avec des instruments et un répertoire variés. Des cordes aux vents, en passant par le piano et le clavecin, tout en traversant les époques, du Baroque au Romantisme. Le concert d’ouverture du 8 novembre sera précédé par un concert d’orgue à l’église de Cintegabelle le 7 novembre en partenariat avec Les amis des Orgues de Cintegabelle.

Dimanche 8 novembre à 16 h 30

Aline Zylberajch et Martin Gester, interprètes renommés de musique baroque, nous présenteront Fantaisies concertantes pour orgue et clavecin.

Un dialogue sur des œuvres de Vivaldi, J.S. Bach, Telemann, C.P.E. Bach et Mozart.

Aline ZYLBERAJCH clavecinisteAline Zylberajch débute avec le clavecin, découvre C.P.E. Bach et la musique du XVIIIème siècle qui la porte vers d’autres instruments à claviers, tel le piano-forte. Elle enseigne régulièrement l’interprétation à l’Étranger et sa discographie témoigne de son talent et de son amour pour différents styles de musique. LVER n’a pu s’empêcher de s’intéresser à ce grand nom de la scène baroque qui a bien voulu se prêter au jeu des questions et partager un peu de sa passion.

LVER : vous jouez de plusieurs instruments, clavecin, orgue, pianoforte, vous avez enregistré avec Margit Übellacker au psaltérion, un instrument peu conventionnel si je puis dire. Aimez-vous varier les timbres, aviez-vous une affinité avec ces instruments ou est-ce le répertoire qui vous a guidée vers ceux-ci ? Pouvez-vous me parler un peu de l’instrument que vous utiliserez lors du concert ?

Aline Zylberajch : je m’intéresse particulièrement – mais pas uniquement !- aux instruments de la fin du XVIIIème siècle, période d’une richesse incroyable tant sur le plan musical que sur le plan de la facture des instruments. Au départ claveciniste, je me suis intéressée aux premiers pianoforte pour mieux comprendre la musique de compositeurs qui me plaisaient et qui avaient connu différents instruments. Scarlatti, par exemple, qui a connu le tout premier pianoforte, inventé en Italie par Cristofori, et dont la musique sonne magnifiquement cantabile sur ces instruments. Dans l’enregistrement avec Margit, je voulais mettre en évidence la parenté entre le psaltérion, instrument très courant à l’époque, et le développement du pianoforte. Le psaltérion se joue en frappant des cordes avec des marteaux en bois, et le pianoforte reprend le même principe, en connectant les marteaux aux touches du clavier. J’ai également réalisé un enregistrement de C.P.E. Bach sur un Tangentenflügel, un instrument aux sonorités très variées, certaines magiques, très populaire à la fin du XVIIIème siècle. 

Nous allons faire entendre à Rochemontès des combinaisons sonores assez rarement entendues en récital entre un clavecin d’une part et un orgue (joué par mon mari, Martin Gester) très intéressant car il possède une variété de jeux très rares sur des orgues transportables.

LVER : Fantaisies concertantes pour orgue et clavecin, d’où vous est venue l’idée de monter ce répertoire qui présente la fin du XVIIème et le XVIIIème siècle sous un aspect autant diversifié ?

AZ : comme les claviéristes des siècles passés, nous fréquentons parallèlement toutes sortes de claviers.
Nous jouons depuis longtemps le répertoire spécifique pour deux claviers. Nous avons d’abord interprété des œuvres pour deux clavecins, puis nous avons cherché du répertoire pour clavecin et orgue, pour clavecin et pianoforte. Récemment on nous a même demandé un programme pour orgue et pianoforte. Lorsque nous avons enregistré le CD Capricesnous avons souhaité, à côté d’œuvres pour deux claviers du répertoire connu, comme les concertos de Soler, transcrire des pièces à l’origine pour orchestre, ou pour d’autres instruments, en les adaptant, ainsi que des compositeurs du XVIIIème siècle l’ont souvent fait. Il existe par exemple des transcriptions d’époque pour deux claviers de concertos ou sonates en trio de C.P.E. Bach. La transcription est alors d’un usage fréquent, elle permet de s’approprier au salon des œuvres prévues pour de plus grands effectifs – cette tradition se poursuivra au XIXe avec les transcriptions de symphonies pour piano à quatre mains.
En ce qui concerne ce programme , l’idée est aussi de jouer des contrastes entre les caractères si différents des deux instruments, comme deux identités fortes mais complémentaires.
On les entendra ensemble, mais aussi à tour de rôle par exemple dans les variations sur les folies d’Espagne de C.P.E. Bach.

LVER : cela m’amène donc à ma dernière question. La plupart des œuvres que vous interpréterez sont des concerto, forme qui implique à la base un orchestre en dialogue avec un ou des instruments solistes. Est-ce plus difficile ou plus libre à jouer lorsque l’on est un duo clavecin/orgue ? Cela crée t-il une complicité particulière ? Si oui, avez-vous choisi ces œuvres pour cela ?

AZ : nous avons choisi différentes formes concertantes. La pièce de Telemann par exemple, intitulée Konzert est à l’origine un trio, l’idée de concerter est ici une forme de dialogue, de conversation permanente. Le concerto de Vivaldi que nous avons choisi fait alterner d’allègres tutti avec des soli qui rivalisent de pétillance. La sonate de C.P.E. Bach, à l’origine pour violon et clavier, met en scène deux personnages aux caractères très opposés, comme ce compositeur aime à le faire (il a par exemple écrit une sonate  intitulée dialogue du melancolicus et du sanguineus, ce mouvement pourrait avoir le même sous-titre !). Le concerto de Mozart est quant à lui un concerto de clavier où l’orgue jouera la partie de soliste et je jouerai les parties de cordes qui l’accompagnent au clavecin, mais l’écriture légère  de ce petit orchestre à trois parties, qui vient surtout souligner gracieusement les phrases du soliste, se prête parfaitement à ce jeu.

Ce premier concert utilisera en effet un orgue positif Deblieck disposant de 6 jeux répartis sur deux claviers et un pédalier. Le facteur bruxellois Johan Deblieck (prononcer deu-blik) a construit là un des positifs les plus complets. Un bébé de 400 kg difficile à déplacer, m’a confié Catherine Kaufmann-Saint-Martin, de par son poids et la délicatesse des mécanismes. Mais la sonorité en vaut le coup, m’a t-elle dit !

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L’orgue Deblieck

En guise d’apéritif, même s’il sera très consistant par lui-même, un concert en partenariat avec Les amis des Orgues de Cintegabelle nous permettra de profiter des talents d’organiste de Martin Gester la veille.

Samedi 7 novembre à 20 h 30 à l’église de Cintegabelle

Martin Gester et le chœur grégorien Dominique Rols La Messe du Livre d’orgue de Nicolas de Grigny

Martin GESTER organiste et claveciniste 2Très connu en tant que fondateur et directeur musical du Parlement de musique et qu’organisateur de Génération baroque, Martin Gester est avant tout musicien. Claveciniste, organiste, pianofortiste, il est aussi venu à la musique par le chant. Il joue en orchestre, en solo, en duo, notamment avec Aline Zylberajch -sa femme- et ne cesse d’explorer les arcanes de la musique, qu’elles soient baroque ou non.
Ce concert se fera à l’église de Cintegabelle sur un grand orgue classique français, où il interprétera l’œuvre de Nicolas de Grigny.

LVER : vous êtes à la tête du Parlement de musique qui fait vivre la musique baroque dans nos oreilles. Comment s’est passée votre rencontre avec ce courant musical ?

Martin Gester : je n’ai pas eu la formation habituelle des musiciens qui passent par les conservatoires. J’ai commencé par chanter en maîtrise durant 8 ans, puis dans un chœur universitaire. J’ai eu la musicalité polyphonique avant de jouer des études et de grandes œuvres. Cela formate définitivement une autre oreille, une autre approche, plus tournée vers le mot, le geste, Arrivé au conservatoire à 19 ans, je n’étais pas peu étonné qu’on fasse chanter le nom des notes : je ne sais toujours pas le faire. Et j’admirais la vélocité digitale de certains collègues. Mais quand je les entendais jouer du Frescobaldi ou même une sonate de Mozart, je ne les enviais plus. J’ai étudié comme il fallait le répertoire de Bach au XXème siècle, mais toujours je revenais aux œuvres des XVIème et XVIIème siècles – qu’on ne pratiquait guère au conservatoire.  C’est tout logiquement que j’ai dérivé vers le milieu de la musique ancienne où j’ai pu m’exprimer comme je l’entendais. Par ailleurs, la musicologie m’absorbait tout autant, et j’ai eu l’impression d’apprendre à lire derrière les notes quand je me suis intéressé au monde des cantates, des concertos. Peu à peu les fils se sont renoués entre la polyphonie, le chant, l’orgue, le clavecin, la direction de chanteurs et d’ensembles.  Plus tard, et aujourd’hui, je refais le chemin inverse : je reviens à l’orgue, au clavecin, au pianoforte avec la somme de nombreuses expériences faites dans la musique vocale, instrumentale et dans la recherche.

LVER : vous allez nous interpréter une partie de l’œuvre de Nicolas de Grigny à l’orgue. Comment qualifieriez-vous sa musique, que ressentez-vous en la jouant ?

MG : seul dans la France baroque, Nicolas de Grigny a fondu plusieurs héritages en une œuvre  unique,  impressionnante de densité, d’élégance et de grandeur à la fois. on y retrouve les qualités de Couperin fécondées par celles de la polyphonie de Titelouze et par le style des organistes de l’Allemagne du sud -Muffat s’y trouve clairement cité, c’est une sorte d’hommage tel qu’on en voit chez Frescobaldi, Froberger, Louis Couperin. Ce n’est pas pour rien que J.S. Bach en fit une copie intégrale : c’est assez rare pour le souligner. J’aborde Grigny dans un esprit comparable avec celui qui me fait jouer les grandes œuvres de J.S. Bach : c’est fort d’expériences accumulées dans des répertoires moins denses, souvent plus pittoresques, plus attachants à première vue, plus propres aux effets, que, abordant leurs œuvres maîtresses, on est à même de fondre, en tant qu’interprète, cette fois, la diversité de leurs aspects, de leurs expressions dans l’unicité, la cohérence de leur forme -impressionnante de ce fait. J’ai fait ce travail depuis 30 ans autour des Partitas de Bach : non pas lecture, mais véritablement recréation d’une démarche créatrice à partir de nombreux éléments venus du contexte historique, de l’analyse des œuvres d’autres compositeurs qui ont précédé, de la philosophie du temps et de son imprégnation de  la pensée musicale. De Nicolas de Grigny, nous ne savons que peu de choses. Mais son œuvre est géniale, et le mystère en est d’autant pus grand, tout comme la place laissée aux conjectures et à l’imagination. Du fait de cette aura, on aurait tendance à en faire -comme on l’a fait pour J.S. Bach- un maître un peu trop figé, voire un compositeur un peu trop romantique. De fait, il tend à distendre les cadres un peu étroits de la bienséance. Mais, tout comme J.S. Bach, il ne fait pas éclater les cadres et l’expression, il les transcende par plus d’élaboration, par plus de richesse. C’est un équilibre merveilleux entre forme, polyphonie, art de la danse, éloquence distinguée et expression théâtralisée. Ce qui est spectaculaire, c’est cette fusion, cette synthèse. Ce n’est pas un spectacle facile…

LVER : vous jouerez sur des orgues différents lors de ces deux concerts : un orgue classique français à Cintegabelle et un orgue positif Deblieck à l’orangerie de Rochemontès. Pouvez-vous nous parler un peu de ces instruments ? Quelles sont leur différences ? Avez-vous une préférence ?

MG : ce sont évidemment deux extrêmes : un orgue opulent et un autre de chambre. Un peu comme on entendrait un orchestre symphonique puis un quatuor à cordes… Je ne dirai pas que la teneur musicale soit la même : grandeur racée d’un côté, œuvre à la fois grave et brillant de mille feux à Cintegabelle, et divertissement « de salon » d’autre part. Le répertoire sera très différent : on entendra, sur le petit orgue et avec le clavecin un répertoire qui tient davantage du divertissement -ce n’est pas une injure !- tel que dans l’enregistrement (Caprices à 2 clavecins, clavecin à 4 mains, et clavecin et orgue positif) pour lequel nous avons une tendresse particulière. C’est l’art de suggérer toutes sortes de sonorités, de couleurs, de styles avec des moyens limités, mais qui sont de parfaits faiseurs d’illusions – l’art, c’est ça : donner à imaginer ce qu’on n’a pas à partir de ce qu’on a. Et Carl Philip Emanuel Bach, par exemple s’y entend particulièrement pour inviter à faire signifier trois notes et même le silence. Ici, ce n’est pas le chant seulement : c’est une constante invention de textures, de mélodies, de rythmes et de bariolages qui arrivent même à vous donner le tournis. C’est joyeux, heureux, et… baroque. D’une autre manière que Grigny. 

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Le grand orgue de Cintegabelle – photo ©Michel Roubinet

J’espère que ces entretiens t’ont autant mis l’eau à la bouche qu’à moi et je te donne rendez-vous les 7 et 8 novembre pour profiter de ce banquet musical !

Informations pratiques :

samedi 7 novembre

tarif unique 15 €

Renseignements : http://toulouse.catholique.fr/orguecintegabelle

Réservations : 06 71 36 33 80 – orguescintegabelle@orange.fr

Eglise – place Jean Colombiès – 31550 Cintegabelle

 

dimanche 8 novembre

tarif unique 24 € – tarif étudiant 15 € – moins de 10 ans gratuit

Renseignements :  http://concertarochemontes.org

Tél.: 05 62 72 23 35 – cksm@orange.fr

Orangerie de Rochemontès – Route de Grenade – 31840 Seilh

Concert suivi d’une dégustation de vin et produits du terroir à partager avec les musiciens.

L’Orangerie de Rochemontès se met à l’heure du classique

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Le 23 novembre notre saison de 4 concerts à l’Orangerie de Rochemontès reprend. Je vous prie de trouver ci-joint le programme original que je vous ai concocté. Le lieu est toujours idyllique, les artistes excellents, le cocktail qui suit très agréable.

C’est vrai qu’elle a le don d’allécher le public Catherine ! Et le dossier de presse qui s’en suit est joli. Complet. Plaisant. Comme une partition musicale classique. Un petit article dans nos pages roses ? Allons donc, avec plaisir(s) !

N’oubliez pas que l’Orangerie est construite en briques ROSES !

Pas la peine d’insister, j’étais déjà conquise !

Catherine Kauffmann-Saint-Martin (alias CKSM) c’est la présidente et directrice artistique de l’association Concert à l’Orangerie de Rochemontès. L’Orangerie du Château de Rochemontès est située à Seilh. C’est un authentique bâtiment du XVIIIè siècle, adossé à un parc à la française dessiné par Le Nôtre, qui surplombe la Garonne, aux portes de Toulouse. Cet écrin intime est idéal pour apprécier un concert de musique de chambre.

Depuis 2012 ce superbe lieu propose de magnifiques moments en musiques classiques et la saison reprend avec quatre concerts pour des dimanches à la campagne. Des dimanches en famille, musicaux et gourmands. Lis plutôt…

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Le comédien Maurice Petit (Pierre Paul Riquet) et les musiciens de l’orchestre Les Passions De gauche à droite : Jean-Marc Andrieu (flûte et direction), Nirina Betoto (violon), Marjolaine Cambon (viole de gambe), Florent Marie (théorbe) – Photo Jean-Jacques Ader – 2012

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2012 Premier concert à l’Orangerie. – Photo Jean-Jacques Ader

Dimanche 23 novembre à 16 h 30 CONCERT DE NOËL
François Castang à la voix contée et Jérémie Honnoré au piano racontent Poulenc,  Ravel et Ginoux

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François Castang le conteur et Jérémie Honnoré le pianiste.

François Castang (bien connu des auditeurs de France Musique) contera sur les notes du pianiste Jérémie Honnoré. Du conte en musique pour finir l’année avec des merveilles pour petites et grandes oreilles : Francis Poulenc L’histoire de Babar, d’après le texte original de Jean de Brunhoff (il a bercé mon enfance lui ! Non pas Poulenc, Babar !), Maurice Ravel Ma mère l’Oye, d’après les Contes de Charles Perrault (ah mais lui aussi !) et Lucien Ginoux La chèvre de Monsieur Seguin,  (Lettres de mon moulin) d’Alphonse Daudet (id’aime !).
Ce concert est un magnifique cadeau à offrir aux enfants comme aux parents. Au plaisir de la découverte de contes en musique s’ajoute celui de rencontres avec des textes savoureux et de grandes partitions pour le clavier, chef-d’œuvres incontournables. Cette écoute ludique laisse d’autant plus place à l’imagination que les interprètes, François Castang et Jérémie Honnoré, pianiste très inventif, sont de grands talents et exigeants quant à la transmission parfaite de leur art, tant littéraire et poétique que musical.

Le truc en plus : sur la pelouse après le concert, il y aura une surprise qui va plaire aux enfants… ! Chut je ne dis rien…

La saison se poursuivra en 2015 avec trois rendez-vous à ne pas manquer non plus.

Dimanche 1er mars 2015 à 16 h 30 DUO MÉLISANDE
Sébastien Llinarès et Nicolas Lestoquoy aux guitares jouent Bach, Turina et Albéniz

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Le toulousain Sébastien Llinarès et le lillois Nicolas Lestoquoy.

Le Duo Mélisande constitué de deux jeunes et brillants guitaristes, le toulousain Sébastien Llinarès et le lillois Nicolas Lestoquoy, offre une version enthousiasmante et originale des célèbres Variations Goldberg, chef-d’œuvre de Jean-Sébastien Bach, transcrites pour deux guitares.
La seconde partie est dédiée à Joaquim Turina (Cinq danses gitanes) et à Isaac Albéniz (Tango et Mallorca). La musique espagnole, faite « de rêves et de rythmes » (Debussy), est un des rares mouvements musicaux qui ont fait naître autant de fantasmes dans l’imaginaire du public que de débats passionnés chez les artistes.
Le Duo Mélisande permet de découvrir la guitare à la fois instrument de l’intime mais aussi « petit orchestre » comme disait Berlioz dont c’était l’instrument de prédilection, lui, le grand orchestrateur.
Après des années d’oubli ou de marginalisation, et grâce à une nouvelle génération de musiciens modernes très doués, l’instrument à six cordes revient sur le devant de la scène. Sébastien et Nicolas participent à lui redonner ses lettres de noblesse.

Plus d’infos sur leur site.

Dimanche 12 avril à 16 h 30 DUO SOLOT
Stéphanie Salmin et Pierre Solot aux pianos jouent  Rossini et Dvořák

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Pierre Solot et Stéphanie Salmin. Un duo à la ville comme au piano.

Une première à Toulouse, le Duo Solot vient de Belgique pour nous enchanter avec des transcriptions inédites des grands airs d’opéras de Gioachino Rossini (Le barbier de Séville, L’italienne à Alger, et la célébrissime ouverture de Guillaume Tell) et de la Symphonie du Nouveau Monde d’Antonín Dvořák, l’une des œuvres les plus utilisées au cinéma international et jusque sur la lune où Neil Armstrong en emporta un enregistrement en 1969.
Piano à quatre mains très original et présenté avec talent et humour par Pierre Solot, jeune musicologue et pédagogue en compagnie de la ravissante Stéphanie Salmin lauréate des plus grands concours internationaux. Leur duo de charme, à la ville comme à la scène, est un véritable régal.

Plus d’infos sur leur site.

Dimanche 31 mai à 16 h 30 LES PASSIONS
Jean-Marc Andrieu à la flûte à bec, Yasuko Uyama-Bouvard au clavecin et Laurent Le Chenadec au basson jouent Frescobaldi, Rossi, Cima, Selma, Ucellini, Castello, Fontana, Merula, Spadi, Dowland et Boddecker

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Jean-Marc Andrieu.

CKSM-Orangerie de Rochemonès©Céline Lamodi - copie

Un concert de l’an dernier – Photo Céline Lamodi – La  »petite chose » qui présente le spectacle c’est Catherine !

Jean-Marc Andrieu-2013_10©JJ.Ader - copie

Jean-Marc Andrieu – 2013 par Jean-Jacques Ader

Les Passions – Orchestre Baroque de Montauban offre des « Petits plaisirs » mis en musique par des compositeurs à l’imagination débridée. L’Italie du XVIIè siècle, particulièrement Venise, voit l’éclosion de nombreuses formes instrumentales, témoignage de l’émancipation des instruments par rapport à la voix. Naissent alors les termes cantate, sonate et canzone dont le destin se prolonge jusqu’à nos jours. La flûte à bec de Jean-Marc Andrieu, le clavecin de Yasuko Bouvard et le très original basson de Laurent Le Chenadec interprètent ces thèmes à la mode (aujourd’hui appelés « standards ») et leurs variations où se disputent virtuosité et expressivité instrumentale.
Et en mai, l’après concert se partagera avec les musiciens sur la pelouse de l’Orangerie : double « grand plaisir » à la clef ! Plus d’infos sur leur site.

Dégustation après concert sur la pelouse©Céline Lamodi - copie

Dégustation après concert sur la pelouse de l’Orangerie – Photo Céline Lamodi

Informations pratiques

  • Pour le concert de Noël, dimanche 23 novembre : le coût est de 24 €, 15 € pour les étudiant-e-s et 10 € pour les enfants (jusqu’à 16 ans). Le goûter est offert et concocté avec amour par Maman les P’tits Gâteaux (dont nous parlerons le mois prochain dans nos pages) et le jus de pomme vient du domaine de La Faugade. Yabon !
  • Pour mars, avril et mai, chaque concert coûte 24 €, 15 € pour les étudiant-e-s et c’est gratuit pour les moins de 10 ans. Abonnement trio : mars, avril, mai à 66 € – Attention : limité à 40 personnes (place réservée dans les premiers rangs de face, waouh le pied !). L’apéritif est offert par La ferme aux Téoulets avec dégustation de foie gras et de Château Binest (un Fronton) ainsi que Domaine Duffau et Château de Salettes (deux vins de Gaillac).
  • Pour les réservations ou abonnements, ça se passe par ici : pour le concert du 23 novembre, pour celui du 1er mars, du 12 avril ou du 31 mai.
  • Pour toutes informations, n’hésite pas à contacter Catherine Kauffmann-Saint-Martin à l’oral au 05 62 72 23 35 (ou 05 61 59 47 47 à l’Orangerie) ou à l’écrit par mail.
  • Pour ne pas te perdre en te rendant aux concerts, soit tu as un GPS qui te cause dans la voiture, soit tu cliques par .
  • Le site de l’Orangerie de Rochemontès à Seilh.
  • Le site de CKSM cette folle de musique ! En effet, Catherine animait une émission de radio sur  Altitude FM qui s’appelait Folle de musique ! La musique du générique était La Folia de Vivaldi… Pourquoi ça ne m’étonne pas ?

Je te propose de nous retrouver quelques jours avant chaque concert de 2015 pour en reparler et interviewer les musiciens ! En attendant, n’oublie pas de réserver ta place pour dimanche 23. Et de faire passer l’info !

Les deux saisons de Toulouse : Capitole et Carmélites enchantent la Ville Rose

ProgrammeCapitole_Saison 2017-2018@Marion Richard

Ils-elles sont discrets-ètes, on les aperçoit furtivement au printemps lors des présentations à la presse. Ils-elles travaillent dans l’ombre du grand art, à bâtir des expériences inoubliables. Ils-elles programment longtemps à l’avance les dates de nos plus belles expériences artistiques. Les programmateurs-trices sont à l’honneur aujourd’hui, cher-ère lecteur-trice de ton webzine favori.

MusiqueenDialogueauxCarmelites-presentationalapresse @Pierre-BernardKempfIl est des lieux où se produit la magie. La magnifique expression de l’âme humaine s’incarne nécessairement dans des êtres, mais s’abrite ensuite sous des voûtes et des plafonds. Ce sont alors de véritables châsses, parfois discrètes, parfois somptueuses.

Toulouse a récemment été témoin de deux importantes mises en valeur de ce patrimoine culturel, dans lequel nous aimons nous retrouver et communier notre amour des arts. Il s’agit de la secrète Chapelle des Carmélites, qui accueille en son sein une nouvelle proposition musicale et littéraire d’une grande élégance « Musique en Dialogue aux Carmélites » et du très international et prestigieux Théâtre du Capitole, qui a vécu le lancement de sa nouvelle saison danse et opéra.

C’est avec fierté et une pointe d’angoisse bien naturelle, que les programmateurs et les contributeurs offrent au public le résultat de leurs préparatifs. Il s’agit de se plier au cérémonial bien huilé de la présentation à la presse et aux partenaires.

Il est pourtant palpable dans ces moments, que les choix artistiques, qu’on prend soin de toujours engager dans des budgets et des contraintes bien terrestres, relèvent plutôt d’engagements qui semblent dépasser ceux qui les prennent. Les directeurs, les directrices, les hommes et les femmes qui ont la charge d’animer ces murs ont une conscience aiguë de l’héritage laissé par les précédentes générations.

TheatreduCapitole_Saison 2017-2018-presentationalapresse@Marion RichardAinsi le nouveau directeur du Théâtre du Capitole, Christophe Ghristi, qui sera en poste au premier septembre prochain, se dit attaché à son théâtre toulousain. Il y a occupé un poste à responsabilité dans le passé et affirme être bien heureux de le retrouver en si bon état. Il faut dire que l’intérim assuré par Jean-Jacques Groleau laisse une maison d’opéra et de danse, visiblement saine et heureuse de contribuer au succès de ses artistes.

Il revient à la sublime troupe du Ballet dirigée par Kader Belarbi de recevoir des lauriers mérités, amplement justifiés par l’amour du public, jusque sur les plus prestigieuses scènes françaises et internationales. Ainsi, c’est un cadeau que d’offrir une nouvelle fois « Giselle », le grand ballet blanc, aux amateurs du genre et à tous ceux qui auront la curiosité d’en découvrir la puissance émotionnelle. « Casse-Noisette » l’incontournable programme dansé de Noël, est à son tour re-écrit. On assiste à Toulouse depuis cinq ans à la création d’un répertoire chorégraphique qui  entre au patrimoine du Capitole et dans le cœur des Toulousains.

À ce compte, la saison « Musique en Dialogue aux Carmélites » ne pouvait pas passer inaperçue, car elle aussi brille d’une histoire ancienne et d’un projet commun.

Avec la mise en valeur de la Chapelle des Carmélites, située au 1 rue du Périgord, dans le cadre la candidature toulousaine au « Patrimoine Mondial de l’Unesco», il y a aussi l’engagement  de l’équipe municipale à faire de ce joyau du baroque méridional, l’écrin d’événements singuliers, que seule une fidèle amie des artistes aurait pu imaginer.

Catherine Kauffman-Saint-Martin (que je te présentais ici), qui dirigea plusieurs saisons musicales à l’Orangerie de Rochemontès, y poursuivra avec la passion qu’on lui connaît, sa défense et illustration de la musique de chambre. Hélas peu programmé, ce format musical invite à une véritable rencontre du cœur, avec les artistes et avec les compositeurs. Ce sera désormais sous les voûtes peintes de Carmélites, un dialogue heureux avec les mots des poètes, des écrivains et des philosophes.

M-C. Barrault© Georges EppMarie-Christine Barrault, que les Français aiment tant sur scène et à l’écran, ouvrira la voie et portera les mots de George Sand au côtés de Denis Pascal au piano et Marie-Paule Milone au violoncelle, qui feront entendre la note bleue de Frédéric Chopin.
Les « Années de Pèlerinage » de Franz Liszt feront une halte bienvenue sous les doigts de la merveilleuse pianiste Muza Rubackyté et discuteront en toute convivialité avec d’Agoult, Nerval, Byron ou Baudelaire dont Régis Goudot portera les plus belles pages.

La saison sera romantique et amoureuse dans cet écrin intime au creux de l’été toulousain.

Je t’invite chaleureusement, cher-ère ami-e lecteur-trice de ton webzine favori, à porter le plus souvent possible un regard amoureux à ce patrimoine qui nous est commun, aux superbes bâtiments, qui inspirent ceux dont le talent immense est d’imaginer les belles saisons de la Ville (en) Rose.

Opéra du Capitole

►Giselle (19 au 24 octobre) et Casse-Noisette (21 au 31 décembre) de Kader Belarbi

►Les Forains/L’Arlésienne/Carmen (8 au 14 mars) de Roland Petit …

►La Walkyrie (30 janvier au 11 février), Carmen (6 au 19 avril), Macbeth (18 au 29 mai) …

Toute la saison 2017-2018

Musique en Dialogue aux Carmélites

►La Note Bleue 27 août – 15h30

►Les Années de Pèlerinage 3 septembre en deux parties 14h30 et 17h30

Toute la saison 2017-2018

Je t’invite également à relire tous nos anciens articles concernant les Concerts à l’Orangerie de  Rochemontès (2012-2016 programmation Catherine Kauffman-Saint-Martin)

Vidéo-cadeau

Muza Rubackyté joue Franz Liszt sur la scène du Capitole (2009)

 

 

Llinares met Satie dans les cordes – Guitare Vs Piano

Satie-Llinares-CDParaty

Point de boxe, ni de catch ! Encore moins de free-fight, pour cette rencontre au sommet entre le pianiste le plus épuré du XXème siècle Erik Satie et le guitariste classique Sébastien Llinares dont l’idée follement originale est de transcrire pour les cordes pincées les célèbres Gymnopédies, les Gnossiennes mais aussi les étonnantes Parade ou Españaña !

Cadeau bonus de ton webzine préféré : un dyptique numérique et digital s’offre à toi, avec la mise en regard du présent entretien avec celui du luthiste Marc Loopuyt. Dans les deux cas on y parle de jouer avec un accent, d’articulation et de projection, avec la même passion brûlante pour l’instrument à cordes. Si tu ne l’as pas lu, lecteur-trice trop pressé-e par le dynamisme de la ville rose, reviens sur tes pas et découvre cet entretien dès maintenant !

La Ville En Rose : Bonjour Sébastien Llinares, comment êtes-vous venu à la guitare classique ?

SebastienLlinares@GuillaumeDambreville

Photo de Sébastien Llinares par Guillaume Dambreville

Sébastien Llinares : Je viens des guitares nord-américaines et du rock. De là vient mon éducation guitaristique et musicale mais après la fac de musicologie à Toulouse, je me suis ensuite beaucoup intéressé au jazz et à la musique contemporaine de l’Ecole de Vienne jusqu’à Boulez.

Ma rencontre avec Rafael Andia  à l’Ecole Normale Supérieure de Musique de Paris m’a fait découvrir un répertoire incroyable à la guitare, riche de plusieurs siècles. La guitare a connu en France des pics de popularité énormes et de creux aussi. Au XXème siècle après le succès d’Alexandre Lagoya, on a vécu un énorme creux.

En ce moment la guitare classique est en train de réoccuper l’espace scénique. On sort de l’idée qu’un guitariste joue uniquement seul, pour quelques amis, dans un salon. La guitare a un peu souffert de cette tendance des musiciens à vouloir jouer chacun à leur manière. Si cela a produit des poètes magnifiques, il en eut beaucoup à jouer de manière très approximative.

Il faut savoir qu’il existe pourtant des modes de jeux qui permettent d’articuler la guitare pour travailler avec tout un orchestre. Il faut s’adapter même si techniquement c’est parfois difficile. Ça s’apprend au fil des répétitions, grâce aux expériences et aux rencontres. Pour porter la musique d’un compositeur, il faut répondre à ce qu’il demande avec une grande précision.

LVER : Sur quelle guitare jouez-vous ? Utilisez-vous un instrument ancien ?

S. L. : 
Je joue souvent du luth, de la guitare romantique, de la guitare électrique. J’ai une guitare baroque. Je travaille chaque répertoire sur l’instrument qui lui correspond afin de retrouver la gestuelle spécifique à chaque musique, et ensuite je la retranscris pour la guitare que j’utilise. C’est une guitare classique australienne qui repose sur le modèle de la guitare espagnole avec son timbre chaleureux et intimiste, mais qui a la particularité de projeter beaucoup plus pour pouvoir jouer dans de grandes salles.

LVER : Faut-il retranscrire les partitions anciennes pour la guitare moderne ?

S. L. : 
Je pense que jouer de la guitare aujourd’hui, c’est forcément retranscrire pour la guitare moderne. Il y beaucoup de traités qui indiquent comment tenir une guitare mais en fait c’est très sensuel. Il y a le poids, la taille, les cordes et les espacements entre les cordes ; tant de choses qui sont différentes d’une guitare à l’autre.

C’est en retrouvant la gestuelle qu’on comprend ce qu’a voulu dire le compositeur et surtout comment phraser, comment articuler. Il faut savoir toucher l’instrument qui correspond au répertoire que l’on joue, même pour le répertoire relativement récent du XIXème siècle. Je fais un travail d’adaptation, mais tout le monde ne fait peut-être pas cela.

LVER : La transcription est un peu votre « spécialité » ?

S. L. : 
Oui et non. J’adore faire ce travail mais dans les musiques anciennes nombreux sont les musiciens qui utilisent plusieurs instruments et savent retranscrire. Pour ma part, j’aime jouer sur scène avec un instrument solide, que je n’ai pas besoin d’accorder souvent et qui puisse fonctionner dans des salles différentes. J’aime avoir cette sûreté en enregistrement aussi. Par ailleurs, comme vous l’avez déjà compris, j’aime savoir ce que je fais historiquement.

Récemment j’ai retravaillé les Suites pour Luth de Jean-Sébastien Bach. Il faut savoir qu’à l’époque de Bach le luth tel que nous le connaissons n’existait plus. En fait, la partition de Bach a été composée sur un type de clavecin particulier, qui actionnait des cordes de luth. C’était c’est très important à savoir quand je le joue sur le luth, pour pouvoir ensuite la transposer sur ma guitare moderne.

LVER : Avec la transcription des pièces d’Erik Satie vous vous aventurez encore plus loin… Comment avez-vous procédé pour passer du piano aux cordes de guitare ?

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Photo d’Erik Satie en 1909

S. L. : En général, il y a beaucoup de notes au piano et on ne peut pas toutes les jouer sur la guitare. Il faut faire des choix et imaginer une réorchestration. Il y a surtout un naturel à retrouver. La part créative est très importante dans ce travail.

La particularité des pièces d’Erik Satie est d’avoir des lignes simples avec des harmonies relativement resserrées. Elles sont déjà très épurées et on arrive à mettre presque toutes les notes à la guitare. Le travail porte donc ailleurs.

Pour bien le comprendre, je dois vous faire entrer dans la technique de jeu : à la guitare il y a des tonalités « qui marchent », en raison des 3 cordes à vide (celles sur lesquelles on n’appuie pas avec la main gauche mi, la, ré). On peut tout transposer facilement en mettant les pièces pour piano dans ces tonalités là. Donc, c’est justement ce que j’essaie de ne pas faire ! Je recherche des positions intéressantes pour faire émerger des couleurs qu’on n’a pas l’habitude d’employer à la guitare… et au final, j’ai réussi à garder les tonalités du piano.

LVER : C’est donc la « couleur » qui s’impose quand vous transcrivez cette musique ?

S. L. : 
Oui, pour les pièces pour orchestre comme Parade, une œuvre créée pour Les Ballets Russes, on ne peut pas tout retranscrire et j’ai dû hiérarchiser. J’ai fait le choix de la jouer sur deux guitares.

Parade est une musique un peu foraine, de cirque, et Satie qui était très tourné vers l’avant-garde, a mis une réduction des moyens dans les notes, des lignes répétitives.

Les deux guitares sonnent comme une musique gitane, manouche par moment, et aussi comme une musique répétitive et minimaliste, qui annonce tout un pan de la musique américaine dont Satie a été le précurseur. J’ai fait ressortir ces deux aspects. Je crois que c’était déjà dans la composition originale, mais la guitare le met vraiment en lumière.

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Sébastien Llinares en concert à l’Orangerie de Rochemontès le 20 novembre 2016, photo de Jean-Jacques Jader

LVER : Vous connaissez intimement la musique française Satie, Poulenc, Wissmer, Sauguet, Roussel (CD Soliloque) et vous la transcrivez pour un instrument très lié à l’Espagne. Que doit la musique française à l’Espagne ? Et en tant que guitariste justement, quel est votre rapport à la culture musicale espagnole ?


S. L. : 
Historiquement, il y a eu une grande mode de l’hispanisme avec Debussy et Ravel, pour ne citer qu’eux. Dans mon disque précédent, je joue une pièce complètement espagnole de Roussel : Segovia. Quand on touche à l’Espagne avec la guitare, c’est direct, dansant, dramatique et toujours très humain ; mais à part Roussel, peu de Français ont utilisé la guitare pour l’intériorité qu’elle inspire.

La musique espagnole est un fantasme, jusqu’à la caricature parfois. D’ailleurs Satie détestait cette mode espagnole ! J’ai transcrit une pièce très ironique qui s’appelle Españaña, dédiée à la fille de Debussy, qui adorait ce style. Satie était d’une école qui n’aime pas s’épancher, ni marquer fortement la partition. J’ai essayé de rester dans cet esprit transparent.

Pour vous répondre plus personnellement, l’Espagne possède une culture que j’adore mais que je ne connais pas assez bien. Je pense qu’il faut y habiter longuement pour réellement se revendiquer de cette culture.

Quand je travaille le répertoire de la guitare baroque (pas pour le jouer en concert, pour moi seulement), si je joue du Gaspar Sanz, un compositeur espagnol du XVIIème siècle  je me pose plein de questions sur la manière de jouer alors qu’avec du Robert de Visée qui est de la musique française je sais où ça va. Même si c’est une musique très ancienne, il y a une question de culture, d’accent.

La culture espagnole, andalouse et catalane principalement, m’est venue grâce à mon professeur Rafael Andia, qui habite cette musique là. Il « est flamenco » et moi je suis français à la guitare, j’ai un rapport de Français à la musique espagnole.

Pour voir tout ça en vidéo : Erik Satie par Sébastien Llinares c’est ici .
Tu peux aussi retrouver Sébastien Llinares sur son site!

Actualités :

Satie-Llinares-CDParatyFévrier 2017
Sortie nationale de son nouveau CD consacré à Erik Satie, avec ses transcriptions pour guitare (Paraty / Distribution Harmonia Mundi).
DVD « Variations Goldberg de Bach & Musique espagnole » par le Duo Mélisande, Sébastien Llinarès et Nicolas Lestoquoy. Nous t’en parlions d’ailleurs par ici.

Jeudi 16 février 2017 à 18h30
Récital à L’institut Cervantes de Toulouse à l’occasion de la sortie du disque sur Erik Satie et de la présentation du livre de Rafael Andia « Labyrinthe d’un guitariste » (Edition L’Harmattan).

Mardi 30 mai à 20h00 
Concert à la Fondation Bemberg (Hôtel d’Assézat) avec le guitariste Nicolas Lestoquoy Duo Mélisande

Catherine Kauffmann-Saint-Martin : les musiciens au cœur

CKSM et Jean-Marc Andrieu-Rochemont@Lamodi

Cher-ère lecteur-trice de cet illustre webzine, comme tu l’as déjà appris dans nos pages, l’Orangerie de Rochemontès invite le public dimanche 20 novembre à assister à son 20ème et,  hélas, ultime concert de musique de chambre : À travers Clara.

Cath&cat©D.Taillefer

CKSM © Didier Taillefer

Le but de cet article n’étant pas de te faire gémir de regret de ne pas être allé-e suffisamment à l’Orangerie durant ces cinq belles années de programmation, je t’invite au contraire à la douceur du sentiment, pour toi-même d’abord car tu peux encore rattraper le coup en réservant ta place,  et comme disposition d’esprit pour accueillir l’interview qui va suivre.

Catherine Kauffmann-Saint-Martin fait partie de ces attachées de presse dédiées à leur mission, dont l’action est d’autant plus efficace qu’elles sont discrètes, et, qui se demandent quelle mouche nous pique à vouloir les connaître pour elles-mêmes. Femmes -le plus souvent-, de l’ombre -la plupart du temps-, elle mettent en lumière les autres, les artistes, ceux qui ont «quelque chose» à dire.

Ma rencontre avec la programmatrice de Rochemontès relève plus du dévoilement délicat et intime que de la promotion personnelle. Sa confiance m’a émue et attendrie, je dois te l’avouer, cher-ère lecteur-trice, et je choisis de te livrer un entretien dont la longueur inusitée pour moi doit beaucoup à la rareté de la confidence.

Catherine Kauffmann-Saint-Martin : j’ai passé ma vie dans le monde de la musique classique mais ce qui m’intéresse ce sont  les musiciens, ce sont les êtres humains.

La Vi(ll)e En Rose : vous êtes musicienne vous-même ?

CKSM : pas du tout. J’aimerais beaucoup savoir lire la musique, je n’ai jamais eu le temps d’apprendre. Je connais tellement de musiciens extraordinaires que je ne vois pas pourquoi j’irai assassiner les compositeurs, même si ça m’aurait fait plaisir de sortir trois notes d’un violoncelle.

LVER : comment est venue cette passion ?

CKSM : j’ai fait beaucoup de danse quand j’étais petite. J’aimais beaucoup Tchaïkovski. J’habitais Carcassonne et Toulouse. Puis, je suis allée à Paris.
J’ai fait des études de psychologie et une maîtrise de psychopathologie. Ce qui m’intéressait en dehors de la musique elle-même, c’était d’observer comment se passait un concert, ce qu’était une vie de musicien, de les rencontrer, de les apprécier, de voir aussi les différents caractères dans un orchestre. J’ai découvert la musique à travers les musiciens.

LVER : quelle voie professionnelle avez-vous suivie ?

CKSM : en 1972, je suis entrée à l’ORTF (Office Radiodiffusion Télévision Française) comme assistante de réalisation. On y faisait toutes sortes d’émissions, aussi bien les Maigret, que Maritie et Gilbert Carpentier, des émissions politiques ou scientifiques. J’ai rencontré Sting mais aussi Casimir et Hippolyte (rire).
Il y avait trois chaînes seulement, mais la première chaîne donnait des concerts de musique classique qui duraient deux heures. On me proposait souvent sur le planning des assistantes de réalisation et des scriptes de ces émissions.

LVER : c’était une époque incroyable pour la musique classique à la télévision…

CKSM : oui, j’ai rencontré des solistes extraordinaires comme le grand violoniste Isaac Perlman et tous les grands chefs d’orchestre qu’on voyait dans les années 70 à 90. J’ai fait des Grands Échiquiers avec Jacques Chancel… Pendant vingt-cinq ans j’ai participé à énormément d’émissions sur la musique classique, avec d’immenses réalisateurs.
J’ai aussi fait une série d’émissions qui s’intitulait Pour ceux qui aiment…  Bach, Beethoven, Vivaldi… On a tourné à Venise sur les pas de Vivaldi avec des musiciens comme le violoncelliste Frédéric Lodéon. On montrait des lieux fermés au public. Pour Beethoven, Gérard Depardieu disait des textes et Anne Queffélec jouait dans les salons du Sénat. C’était sur TF1 à 20 h 30 !
Cela a duré vingt-cinq ans mais les studios des Buttes Chaumont ont été vendus en 1992.  Avec la disparition des grands studios, c’était la fin d’un monde pour moi. Il fallait que je tourne la page et je suis retournée à Toulouse dans mon pays.

LVER : comment s’est passé votre retour dans la ville rose ?

CKSM : j’y ai retrouvé ma mère, ma famille. On me disait «Tu es trop vielle, avec ce que tu sais faire, tu ne trouveras jamais de travail». J’avais 45 ans ! (rire) Alors, j’ai créé mon propre emploi. Je me suis installée comme attachée de presse indépendante.
Comme je venais de la télévision, France 3 m’a proposé une émission mensuelle, où les chefs cuisiniers de Midi-Pyrénées rassemblaient quelques personnalités autour d’eux. C’était De la terre à la table présentée par Jean-François Bataille. Dès le premier tournage, à Cahors, j’ai rencontré un mécène allemand le Dr Hereth, qui possédait le château de Montcuq et une collection incroyable d’instruments anciens, dont un Stradivarius. Il a créé le festival Été Musical dans la Vallée du Lot en 1996 et j’en ai été l’attachée de presse. Puis le festival Toulouse les Orgues est né et l’administrateur m’a proposé de m’en occuper aussi.
Toujours grâce l’émission De la terre à la table, j’ai rencontré le chef de chœur Patrick de Chirée qui lançait le festival Éclats de Voix en 1998 dans le Gers. Je me suis encore occupée du festival Piano Pyrénées
Petit à petit je suis devenue la seule attachée de presse de musique classique indépendante de la région.

LVER : et comment êtes-vous devenue programmatrice musicale à votre tour ?

CKSM : j’ai arrêté les festivals, car c’est devenu trop lourd pour moi, mais j’y ai rencontré de grands musiciens au fil des années. En 2011, les propriétaires de l’Orangerie de Rochemontès à Seilh, Christine Roaldes d’Huy et son père (descendants de Pierre-Paul Riquet, le concepteur du Canal du Midi) m’on demandé d’y organiser des concerts.
J’ai pensé à des concerts de musique de chambre, l’après-midi à 16 h 30, parce que le lieu est tellement beau qu’on peut en profiter avant ou après le concert. Je voulais toucher un public qui n’aime pas trop sortir le soir, aller au parking… Beaucoup de personnes âgées viennent à Rochemontès et j’en suis très fière. Ça leur permet de venir au concert très souvent en famille, avec les enfants. Après le concert, il y a toujours une dégustation d’un vin régional et de produits du terroir de la Ferme de Merville. Mais surtout on peut rencontrer les artistes et les organisateurs.
Le premier concert a eu lieu en janvier 2012 avec Les Passions de Jean-Marc Andrieu dans un concert justement dédié à Pierre-Paul Riquet. On a été débordé ! Il faisait mauvais temps et 200 à 250 personnes sont arrivées alors que la jauge est de 200 places.

LVER : quel choix de programmation avez-vous fait ?

CKSM : la musique de chambre ! En musique de chambre, ce sont avant tout des solistes, des duos, des trios. Nous avons accueillis des artistes très connus qu’on ne voit jamais à Toulouse dans ces configurations : David Grimal, Julia Kogan, Marc Coppey, Liana Gourdjia, le Trio Elysée, ma grande amie lituanienne Muza Rubackyté, Kotaro Futuma, un pianiste japonais venu en 2014 qui fait une belle carrière depuis.
J’ai programmé deux pianistes belges sur un coup de cœur en écoutant leur CD. Le Duo Solot n’était absolument pas connu. Un vrai coup de foudre, le public en parle encore.
Pour les artistes, c’est aussi le plaisir de jouer dans un beau lieu, avec une bonne acoustique, devant un public chaleureux et très proche. Il y a eu piano seul, piano violon, piano violoncelle, trio à cordes, flûte, flûte à bec, chant, guitare… Il y a une curiosité aussi de la part du public : c’était de la musique de chambre mais c’était toujours différent dans le choix des instruments et des répertoires.

LVER : pourquoi les concerts à l’Orangerie de Rochemontès s’arrêtent-ils avec ce 20ème concert ?

CKSM : je n’arrête pas parce que ça ne me plait pas, parce que je n’ai plus d’idée dans mon sac à malices, non j’adore ça. J’arrête parce que je n’ai pas d’argent pour continuer.
Les cachets des artistes, les charges, la Sacem qui représente plusieurs centaines d’euros à chaque concert, la régie complète car il faut tout installer dans l’Orangerie, et les locations de pianos Steinway à Auch, les prospectus de l’imprimerie Trèfle… Même si tout le monde concède des prix d’amis, je n’ai jamais pu payer l’administrateur, Pierre Bernard qui est resté un généreux bénévole, comme mon amie Charlotte qui préparait de délicieux repas. Les artistes ont été d’une grande générosité également. Le public est fidèle. J’ai reçu beaucoup d’emails d’encouragements,  de «dommage» et de «pourquoi».
J’ai une équipe de bénévoles extraordinaire mais j’ai passé tout de même quelques nuits blanches à m’angoisser pour l’équilibre économique des concerts. On aurait pu mettre les billets plus chers, mais je voulais que tout le monde puisse assister à ces concerts. L’argent… je sais le dépenser pour l’art, pour la musique, pour offrir au public ces merveilleux moments. C’est un métier d’aller chercher les sous… je ne sais pas faire, je sais faire autre chose (sourire).

LVER : juste après le 20ème concert, vous proposez aux mélomanes de rester encore, pour partager un moment musical unique…

CKSM : oui, à 19 h 30, il y aura un concert de soutien dont les recettes permettront de clôturer correctement les comptes de l’association qui a porté ce projet pendant cinq merveilleuses années. Je crois que l’amitié est une valeur suprême. Il y aura des musiciens exceptionnels et tous sont très contents de venir nous soutenir.
François Castang, dont la voix est bien connue des auditeurs de France Musique et qui est un ami de longue date, revient faire le Monsieur Loyal de la soirée et dire des textes, accompagné du pianiste de la Maîtrise de Radio France Jérémie Honoré. Thierry Huillet et la violoniste Clara Cernat nous offriront une création, la soprano Magali Léger sera là aussi… Ils seront dix-sept !  Je ne peux pas tous les citer, mais le programme est remarquable. Tous ces merveilleux artistes viennent généreusement, certains de Paris, d’autres de plus loin.
Pour le final, nous avons programmé la fameuse Barcarolle des Contes d’Hoffman d’Offenbach et le public sera invité à chanter en chœur… Attention à bien se préparer !

LVER : vous aimez rebondir avec panache ! Quels sont vos nouveaux projets ?

CKSM : je continue toujours à travailler avec Les Passions et avec la grande pianiste Muza Rubackyté. Et pour tout vous dire, nous avons une petite maison à Gruissan et j’adore y aller. J’ai besoin de voir la mer… je crois que j’ai mérité d’aller voir la mer et les flamants roses !

Pour rappel : 

Dimanche 20 novembre 2016 à 16 h 30
Concert À travers Clara

Dimanche 20 novembre 2016 à 19 h 30
Concert de Gala

OrangerieRochemontès©Michel Roubinet

L’Orangerie de Rochemontès la nuit @Michel Roubinet

Photo de Une : CKSM et Jean-Marc Andrieu à Rochemontès @Lamodi
Marion Richard novembre 2016 pour la Vi-ll-e En Rose

Les choses de la vie : concert à l’Orangerie avec Liana Gourdjia et Marc Coppey

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Numa te l’annonçait ici. Christine y était et te raconte. Encore un joli dimanche musical à l’Orangerie de Seilh…

Par un dimanche ensoleillé, je cherche un peu ma route, je me laisse guider par la voix off du GPS et voilà que ma batterie rend l’âme, je suis dans l’obligation de me connecter à mon propre GPS intérieur qui celui-ci, est très fiable… Malgré mon absence totale de girouette dans ma tête, je me débrouille. Je deviens donc mon propre guide et mes yeux s’ouvrent sur ce chemin qui m’amène vers l’Orangerie de Rochemontès où j’ai le grand honneur d’avoir été conviée par Catherine Kauffmann-Saint-Martin pour écouter un concert. Un duo violon-violoncelle…

Déjà, le lieu m’enchante, me ravit. Une luminosité rare se dégage des briques rouges et s’épanouit dans le vert tendre des jardins qui mènent à l’intérieur.

Il y a un monde fou, silencieux et de toute évidence, en attente d’un moment d’exception. Nous ne serons pas déçus… Et même pire.

Catherine Kauffmann nous présente les deux artistes avec, dans sa voix, les notes du bonheur certain que nous allons vivre.

Liana Gourdjia et Marc Coppey, violon et violoncelle sont prêts.

Liana Gourdjia©Rochemontès-10-04-16©Jean-Jacques AderELLE entre en scène la première, simple, sobre. Noir et blanc, sans artifice, magnifique !

Dès les premières notes qu’elle tire de son violon, je suis conquise, définitivement. La sonate N°5 en sol Majeur d’Eugène Ysaÿe, m’émerveille, les pizzicati sont sublimes, j’adore le jeu des doubles cordes, je suis aux anges et nous sommes nombreux là-haut !  Elle joue de son instrument, qui fait corps avec elle d’une manière subtile, sensuelle et prodigieusement colorée.

IL prend la suite, son violoncelle tout aussi imposant que lui de sobriété etMarc Coppey-Rochemontès-10-04-16©JJ.Ader de puissance également vont nous faire vibrer avec des sons plus graves, très proches de la voix humaine et qui nous susurrent des mélodies posées sur notre âme. La 3ème Suite pour violoncelle seul de J-S. Bach, que Marc Coppey nous offrira, sera un sommet dans l’interprétation de cette oeuvre !

ELLE et LUI, Violon et Violoncelle, un duo complice et magistral. Telle une libellule, tel un bleuet, ils vont ensemble, dans un accord parfait, nous transporter tout d’abord avec ce Duo pour Violon et Alto (transcription pour violoncelle par Marc Coppey) en sol Majeur K423 de W.A.Mozart et très très loin et très très haut dans le beau, le sublime avec cette Sonate pour Violon et Violoncelle de Ravel. Un moment rare de par cette interprétation qui nous laisse toutes et tous, comme en apesanteur.

Liana Gourdjia-Marc Coppey-Rochemontès-10-04-16©JJ.Ader

Mille mercis à Liana Gourdjia et Marc Coppey de nous faire partager leur talent et aussi à Catherine Kauffmann-Saint-Martin qui déploie une fabuleuse énergie pour organiser des concerts d’exception.

Bravissimo !

Crédit photos : Jean-Jacques Ader

Rencontre à l’Orangerie

MUZA3-Rochemontès-14-02-2016©Céline-Lamodi-1024x683

Le 14 février dernier, alors que certains roucoulaient au restaurant, La Vi(ll)e En Rose a choisi de roucouler au son du piano de Muza Rubackyté à l’Orangerie de Rochemontès.

Un concert prestigieux, car la pianiste nous offrait la primeur de son nouveau récital ! Du caviar pour les oreilles : du Schumman, du Prokofiev, du Čiurlionis joués avec la délicatesse, le charisme, la puissance et la virtuosité de l’artiste. Autant te dire que si tu as raté son second passage à l’Orangerie, nous te conseillons fortement de guetter le suivant !

Avant de s’envoyer les oreilles au 7ème ciel, LVER a fait une rencontre intéressante, celle d’Eric Callégari, accordeur et loueur de piano. Un rôle de l’ombre lors des concerts, mais essentiel. Lors du concert, la température s’est promenée plusieurs fois entre le soleil et la grêle, perturbant la mécanique et les cordes du piano. Heureusement Eric était là lors de l’entracte pour empêcher que des fausses notes ne gâchent notre plaisir. LVER s’est approchée de cet homme fort sympathique à l’accent bien de chez nous et lui a posé quelques questions.

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Eric Callégari en action

LVER : bonjour Eric, depuis quand et où exercez-vous ce métier  ?

Eric Callégari : ça fait 35 ans maintenant. Je suis basé sur Auch et rayonne dans la région.

LVER : depuis combien de temps travaillez vous avec les Concerts à l’Orangerie ? Avez-vous déjà travaillé avec Muza ?

EC : depuis le début, ça fait 4 ans. C’est la deuxième fois que je travaille avec elle à l’Orangerie, c’est aussi arrivé une autre fois sur Auch.

LVER : est-ce que vous vous occupez d’autres instruments ?

EC : que de piano, mais je ne fais pas que les accorder : je les entretiens et je restaure des pianos anciens du début du XXème, fin XIXème. On garde le corps du piano et on change les points de frottement, d’usure, les feutres, on vérifie les axes. Un piano est avant tout une mécanique, quand on joue, elle s’use.

LVER : la facture de piano vous a intéressé ? Qu’est-ce qui vous a dirigé vers l’accord et l’entretien de l’instrument ?

EC : La facture de piano se fait dans des unités de production, c’est de la manufacture, de la petite industrie. Il faut des machines, un outillage précis pour ça. J’en ai fait puisque j’ai appris mon métier dans une usine. Il y a quelques rares personnes qui font de la facture de piano seulement, mais généralement les gens comme moi restent sur l’entretien, l’accord et la restauration.

LVER : vous occupez-vous d’instruments similaires ? Comme les pianoforte par exemple ?

EC : il m’est arrivé de m’occuper de pianos très anciens comme des pianoforte du début du XIXème. Mais ça reste très rare, c’est une niche même si depuis quelques années on entend de nouveau quelques pianoforte ou pianos anciens. Souvent ce sont des instruments qui ont été refabriqués à l’identique plutôt que restaurés. Dans un piano il y a des contraintes, les cordes exercent plusieurs tonnes de tension. Sur des pianos très anciens, ça peut beaucoup les déformer. Comme les cadres sont en bois car il n’y a pas d’armature au début du XIXème, c’est donc trop compliqué à restaurer.

LVER : quelle est la durée de vie d’un piano à peu près ?

EC : ça c’est très compliqué à dire. Si on prend par exemple ce piano à queue Steinway, s’il est joué 4 heures par jour de façon intensive, au bout de 10 ans on va devoir changer les marteaux, les feutres, les cordes et il va repartir pour 20-30 ans. Un piano comme ça peut durer 100 ans, et même au delà, on en restaure des plus anciens parfois. Ça ne dure pas aussi longtemps qu’un violon, mais ça peut durer quand même.

LVER : quels sont les requis pour la formation ? Une oreille exceptionnelle ?

EC : non, l’oreille de l’accordeur est une oreille technique, pas une oreille de musicien. En fait tout le monde est capable d’entendre ce qu’il faut pour accorder, c’est juste qu’on ne vous a jamais mis l’oreille dessus. Donc quand on apprend l’accordage, on apprend à écouter des choses très spécifiques : des différences de fréquence qui émettent des battements. On apprend à les identifier, les gérer, les quantifier.

LVER : quel genre d’accordage utilisez-vous ?

EC : en général on utilise le tempérament égal. Il n’y a qu’en musique ancienne qu’on va utiliser des tempéraments plus spécifiques. Le tempérament égal lui, permet de jouer dans toutes les tonalités sans que ce soit vilain à l’oreille. Quand on utilise d’autres tempéraments, on va pouvoir jouer avec une ou deux altérations, si on veut en rajouter, on est obligé de modifier un peu.

LVER : les pianistes vous demandent-ils parfois un son particulier ?

EC : on amène un piano qui est ce qu’il est, mon rôle c’est de le maintenir au top. Un piano a son son, sa vie, son âme, ce qu’il faut c’est que la mécanique marche bien. Là où on intervient c’est sur l’harmonisation, c’est à dire sur le timbre du piano. Par exemple les marteaux qui tapent sur les cordes sont en partie en feutre, à force de jouer ils peuvent se tasser un peu et le piano avoir un son un peu plus dur. A nous d’égaliser ça, de le rendre un peu plus doux. De temps en temps on intervient pour changer des pièces. Après les pianistes, quand ils vont faire un enregistrement par exemple, peuvent faire venir un piano particulier parce qu’ils ont trouvé le son très beau, ou une certaine marque ou modèle. En ce qui me concerne, je ne me balade pas avec 10 pianos dans le camion. Bien que ça puisse arriver quand même dans certains grand festivals. Il y a plusieurs pianos et le pianiste peut en choisir un en particulier. Après c’est aussi une question de budget.

LVER : on a tendance à imaginer un accordeur sachant bien jouer. Est-ce vous jouez du piano vous-même ?

EC : Au clair de la lune en version améliorée, ha ha ha ! C’est ce que je disais tout à l’heure, accorder un piano, c’est technique. Le musicien va avoir une demande et nous apportons un réponse technique à ça. Depuis 20 ou 30 ans, les accordeurs sont tous plus ou moins un peu musiciens, mais moi j’ai appris avec des gens qui ne jouaient pas une note. Et quand je dis pas une note, c’est pas une seule ! Autrefois, les accordeurs étaient seulement des techniciens. Dans les usines de piano, on n’en jouait pas. Après le fait de jouer peut éventuellement permettre de comprendre certaines petites choses, mais ce n’est pas indispensable.

LVER : ça ne vous a pas tenté, en vous occupant d’un instrument, d’aller un peu plus loin ?

EC : disons que du piano, j’en joue et j’aime ça, mais si j’étais pianiste professionnel, je ne serai pas accordeur.

LVER : en effet, ce sont finalement deux approches différentes du même instrument. Qu’est-ce qui vous a fait choisir ce métier ?

EC : un jour quand j’étais gamin, je faisais un peu de musique, et un monsieur m’a dit «Tu sais il y a un beau métier c’est réparer les instruments de musique». C’est rentré dans une oreille, c’est resté au milieu du cerveau et ça n’est jamais ressorti. Après j’ai cherché à me former et ça s’est fait comme ça. Je ne savais pas du tout ce que c’était, chez moi personne ne faisait ça, on n’était pas du tout dans le milieu. Après j’ai appris le métier, je me suis installé à mon compte, j’ai fait de l’entretien, de la restauration pour les particuliers. Pour la partie concert, ça fait une quinzaine d’années que je fais ça.

LVER : j’imagine qu’ensuite vous avez rencontré pas mal de musiciens ? Une rencontre en particulier ?

EC : oui en effet depuis qu’on fait les concerts, on rencontre énormément de musiciens. Une chose qui m’a éclaté, c’est de travailler pour des pianistes que j’écoutais quand j’avais 17 ou 18 ans. A l’époque où je commençais à écouter beaucoup de musique, des pianistes comme Bruno Rigutto, Jean-Philippe Collard m’ont fait découvrir plein de choses. Travailler pour eux plus tard, c’est quelque chose !

LVER : un petit mot sur la musique, quel genre écoutez-vous ?

EC : j’écoute énormément de musique classique, de Bach à aujourd’hui, beaucoup de piano parce que j’aime ça, mais également des quatuors, des symphonies ou d’autres encore.

Eric Callégari a de splendides pianos Steinway de toutes tailles et autres qu’il loue dans toute la région, son site internet est par ici. Il les transporte SEUL, même les plus gros et fragiles, avec une espèce de machine qui les met sur la tranche, il les monte sur les scènes les plus acrobatiques et les range dans son camion. Puis il les prépare, les chouchoute en fonction du pianiste, du répertoire, les accorde avant la répétition et les retouche juste avant le concert. Son rôle, bien que discret est primordial car un mauvais piano peut ruiner un concert. En revanche, un bon piano ne fera pas de miracle sur un mauvais pianiste. Mais Catherine Kaufman-Saint-Martin est là pour sélectionner les meilleurs.

Marc-CoppeyLiana-Gourdjia-e1453734253830-350x350A venir pour cette 4ème saison « Honneur aux Dames », le 10 avril, un duo de violon et violoncelle composé de Liana Gourdjia et de Marc Coppey, nous interprétant des suites, sonates et inventions de Bach, Ysaÿe et Mozart.

Violoncelliste reconnu mondialement et à la discographie éclectique, Marc a récemment enregistré les 6 suites pour violoncelles de Bach pour Arte.

Liana est une violoniste prodige venant de Russie. Célèbre depuis ses 6 ans, elle joue dans des occasions ou des lieux prestigieux comme les jeux olympiques d’Atlanta, l’Unesco à Paris, pour le pape Jean-Paul II au Vatican.

Les deux musiciens joueront tour à tour des pièces de soliste et des duos. LVER y sera pour découvrir leur talent, ainsi que celui des compositeurs. Tu viens avec nous ?

Informations pratiques

Dimanche 10 avril à 16 h 30

Tarifs : 24 € – étudiants 15 € – gratuit pour les moins de 10 ans

Programme et renseignements ici. Réservations .

05 62 72 23 35 – cskm@orange.fr

Orangerie de Rochemontès – Route de Grenade 31840 Seilh

Crédits photo Muza Rubackyté ©Céline Lamodi

Mais qui est Muza Rubackyté ?

muza

La Vi(ll)e En Rose t’a parlé à plusieurs reprises des concerts à l’Orangerie de Rochemontès. On y voit des noms de la musique classique, on y entend des œuvres célèbres, surprenantes, méconnues, divertissantes, envoûtantes, le tout avec le sourire de Catherine Kaufmann-Saint-Martin l’organisatrice.

Et ce dimanche 14 février, un nouveau : Muza Rubackyté avec son nouveau récital de piano Double jeu.
Muza, un nom proche de musique qui n’a jamais été aussi bien porté !
Mise au piano à 7 ans, elle obtient sa médaille à 16 ans, passe par Moscou, Saint-Pétersbourg, résiste pour l’indépendance de la Lituanie face à l’URSS et vient en France. Ses doigts agiles et déliés font voler des notes de Liszt, Beethoven, Franck, Brahms, Scriabine. Virtuose, expressive, cette ambassadrice de Vilnius Lituanie), Capitale européenne de la culture 2009 a tout pour faire « Honneur aux dames » !

MUZA©Christine-de-Lanoë-Genèvelight-350x350Qui se cache derrière la mystérieuse Muza Rubackyté ? Crédit photo @Christine de Lanoë

Pourquoi tu dois y aller ?

Parce que le programme est beau : une arabesque de Schumann dédiée à une femme, oscillant entre la passion et la dépression, un carnaval montrant des personnalités multiples, une sonate de Prokofiev qui oscille entre instabilité et tranquillité romantique.

Parce que c’est l’occasion de mieux connaître voire découvrir le compositeur et peintre Mikalojus Konstantinas Čiurlionis, avec ses accents romantiques pleins d’émotions.
Parce les doigts de Muza te feront rêver, elle vit sa musique et nous la vivrons avec elle.
Parce que l’Orangerie est un cadre magnifique où l’on est très bien reçu : après la musique aura lieu une dégustation de produits de la Ferme aux Téoulets de Merville et du vin du Château Joliet de Fronton.
Parce que nous y serons !
Pas de double jeu, mais un double oui pour voir ce que Muza nous cache. On se dit au 14 février ?

En attendant jette une oreille voire plus à sa discographie, on a particulièrement aimé

Informations pratiques

Dimanche 14 février à 16 h 30

Tarifs : 24€ – étudiants 15€ – gratuit pour les moins de 10 ans

Programme et renseignements ici. Réservations .

05 62 72 23 35 – cskm@orange.fr

Orangerie de Rochemontès – Route de Grenade 31840 Seilh

concertarochemontes.org

Les concerts à l’Orangerie… Un peu… Beaucoup… Passions-aimant !

passions

Petits Plaisirs : Miniatures du Seicento. Voilà le programme attendu dimanche 31 mai – exceptionnellement à 17 h 30 cette fois – à l’Orangerie de Rochemontès à Seilh. Pour clôturer la saison – après le Duo Solot dont nous te parlions en avril, le Duo Melisande en mars et la présentation de la saison débutée en novembre – c’est au tour des Passions – Orchestre Baroque de Montauban – d’enchanter la pelouse du château.

Les Passions – Orchestre Baroque de Montauban offre des «Petits plaisirs du Seicento» mis en musique par des compositeurs à l’imagination débridée. L’Italie du XVIIe siècle, particulièrement Venise, voit l’éclosion de nombreuses formes instrumentales, témoignage de l’émancipation des instruments par rapport à la voix. Naissent alors les termes cantate, sonate et canzone dont le destin se prolonge jusqu’à nos jours. La flûte enchantée (à bec) de Jean-Marc Andrieu, l’original claviorganum de Yasuko Bouvard et le basson virtuose de Laurent Le Chenadec interprètent ces thèmes à la mode (aujourd’hui appelés «standards») et leurs variations où se disputent virtuosité et expressivité instrumentale, explique Catherine Kauffman-Saint-Martin, la directrice artistique du lieu.

Au programme :
des œuvres de Frescobaldi, Rossi, Cima, Selma, Ucellini, Castello, Fontana, Merula, Spadi, Dowland, Boddecker.

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Rencontre avec Jean-Marc Andrieu

La Vi(ll)e En Rose : pourquoi  Les passions ?
Jean-Marc Andrieu : trois raisons ont présidé au choix de ce nom pour l’orchestre, en 2003 : d’abord on pense aux Passions de Jean-Sébastien Bach que nous avons données en concert avec succès, notamment la Saint Matthieu à la Halle aux Grains en 2000. Puis le Traité des Passions de l’âme de Descartes qui a influencé tous les compositeurs baroques, et enfin le sens moderne pour dire qu’on est passionné par la musique.

LVER : depuis quand êtes-vous tombé dans la musique ?
JMA : je n’ai pas le souvenir d’y être tombé, je dirais dans le ventre de ma mère qui est musicienne : elle jouait du piano en m’attendant.

LVER : la collaboration avec Laurent et Yasuko a commencé quand et comment ?
JMA : Laurent et Yasuko sont de vieux amis qui jouent dans l’orchestre les Passions depuis une quinzaine d’années (déjà !). Pour ce programme en particulier cela fait deux ans que nous le jouons en concert et nous avons toujours autant de plaisir à nous retrouver.

LVER : des anecdotes amusantes à nous raconter, lors de concerts ou répétitions ?
JMA : une anecdote amusante après coup mais sur le moment j’ai bien flippé : en plein concert le pied de ma flûte à bec est tombé devant un public mi-hilare, mi-sidéré. J’ai ramassé le pied, l’ai remis au bout de ma flûte et continué sous le regard très ironique de mes partenaires.

Après ce dimanche à l’Orangerie, de nombreux concerts sont prévus : le 9 juin à Auch, le 4 juillet à Montauban, le 11 août en Vendée, le 14 août à Bergerac, un projet Passions à table avec Patrick Abéjean pour les Embarcadères du Pays Montalbanais en septembre, une Messe de Biber à la Cathédrale de Toulouse le 7 octobre et la reprise du Noël Baroque Occitan en décembre à Cugnaux, Albi et Onet-le-Château. Une année passionnante alors !

Tu peux retrouver toutes les informations sur le site de l’orchestre ici.

Dimanche 31, l’après concert se partagera avec les musiciens sur la pelouse de l’Orangerie en dégustant vin et produits régionaux : double «grand plaisir» à la clef ! L’apéritif sera offert par La ferme aux Téoulets (Merville, 31) et dégustation : Muscat et vin du Domaine du Vieux Genévrier (Opoul-Périllos, 66)

La saison prochaine débutera le dimanche 8 novembre avec un 16ème concert à l’Orangerie de Rochemontès. Aline Zylberajch et Martin Gester, clavecin & orgue joueront Bach, Böhm, Telemann et Mozart dans un programme intitulé Fantaisies concertantes pour orgue et clavecin. Les deux artistes alsaciens déploient des trésors d’invention dans la réécriture et l’interprétation. Ces deux complices jonglent tour à tour ou ensemble sur les claviers, proposant un répertoire allemand riche et varié, du baroque au préclassique. Bien entendu, nous ne manquerons pas de venir t’en parler ici fin octobre.

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Tarif : 24 € / – 10 ans : gratuit / étudiant : 15 €
Réservations en ligne sur Festik ou Concert Classic
Catherine Kauffmann-Saint-Martin : 06 81 46 37 21 cksm@orange.fr
Orangerie de Rochemontès – 31840 Seilh 

 

Quatre mains sur un piano…

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Dimanche 12 un nouveau concert aura lieu à l’Orangerie de Rochemontès à Seilh. Comme je t’en ai déjà parlé par ici pour le Duo Mélisande en mars, et également par . C’est un duo qui vient de Belgique, de Namur exactement. Un duo plein de talent et de fraîcheur, autour de transcriptions pour piano à quatre mains d’airs d’opéras de Rossini (Barbier de Séville) et la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak. Comme dit Catherine Kauffmann-Saint-Martin, la directrice artistique du lieu : que des « tubes » !

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Duo Solot, 4 mains et 2 pianos

Stéphanie Salmin et Pierre Solot ont tous les deux 30 ans. Stéphanie est diplômée du Conservatoire Royal de Musique de Mons avec la plus grande distinction; diplômée de la Hochschule der Künste de Berne (diplôme de soliste) et graduée de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth. Pierre est diplômé du Conservatoire Royal de Bruxelles, du Centre Européen de Maîtrise pianistique Eduardo Del Pueyo, ainsi que de l’école des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris (recherches sur la musique nord-américaine du début du XXème siècle et mémoire de fin de Master sur le compositeur russe Alexandre Scriabine).

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Stéphanie donne des concerts en Belgique, France, Suisse, Portugal, Italie, Allemagne, Corée, Pologne, et a enregistré plusieurs récitals pour Musiq3 et la radio Klara ainsi que deux CD. Elle enseigne le piano au Conservatoire Balthasar-Florence de Namur. En plus de ses activités de concertiste, Stéphanie Salmin crée en 2012 l’orchestre à cordes Namur Chamber Orchestra qui devient rapidement l’une des formations les plus brillantes de Belgique. En 2013, elle enregistre un récital en solo, disque qui associe le Carnaval op.9 de Schumann et le Prélude, Aria et Final de César Franck.

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Comme musicologue, Pierre donne des conférences, écrit des articles et collabore régulièrement avec l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège. Il est également l’auteur de La balade de Stiva Leko qui obtient en 2011 le premier prix au concours du premier roman des Editions Oléronaises, livre désormais publié par cette maison d’édition. Il est aussi l’auteur d’un conte pour comédien et orchestre à cordes Comme une larme sur un sourire, joué à de multiples reprises en Belgique et en France. En plus des nombreux concerts donnés en solo, en musique de chambre ou avec orchestre, il travaille et participe à divers projets théâtraux avec le comédien Emmanuel De Candido au sein du Collectif Blauw, collectif rassemblant des artistes et des chercheurs de plusieurs pays d’Europe. Pierre Solot enseigne le piano et l’improvisation à l’Académie de Berchem Sainte-Agathe (Bruxelles).

Wahou… Quand je lis les parcours artistiques de ces deux-là je me sens très très minable avec mes trois ans de solfège (même si je savais jouer par cœur l’Hymne à la joie à la flûte et le début de School de Supertramp au piano) (si si si). Toi aussi tu te demandes forcément comment ils se sont rencontrés ?

Une rencontre « à la belge » quelque part à Bruxelles ou près de la Mer du Nord.  De toute façon, tout est proche dans un petit pays.  Un pianiste n’est jamais loin d’un autre pianiste. Un an et un mariage plus tard naissait le Duo Solot.

En effet, ils se rencontrent en 2008 et forment ensemble le Duo Solot. Ils seront lauréats en 2010 du Concours International de piano à quatre mains de Valberg (France). En avril 2011, ils enregistrent en première mondiale un disque consacré aux transcriptions d’extraits d’opéras de Rossini pour le Label Pavane Records. Ce disque est acclamé par le public et la critique.

Le Duo Solot se produit dans les plus grandes salles de Belgique (Bozar, Flagey, Conservatoire de Bruxelles, etc) et lors de divers festivals en Belgique et en France. Ils jouent aussi notamment en concert avec le Chœur de Chambre de Namur.

Pierre et Stéphanie consacrent leur travail, en plus du répertoire original pour piano quatre mains, à l’étude des grandes transcriptions d’œuvres symphoniques, redonnant une nouvelle vie à de brillantes partitions parfois oubliées. C’est ainsi qu’ils parcourent la Belgique en 2013 avec la transcription pour piano quatre mains du Sacre du Printemps de Stravinski, lors des diverses célébrations du centenaire de la création de cette œuvre.

Ils préparent actuellement l’enregistrement d’un disque consacré à la transcription de la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak ainsi qu’un autre disque consacré à la musique de Franz Schubert. De nombreux concerts sont prévus en Belgique, en France et en Suisse.

La Vi(ll)e En Rose : comment est née l’idée du duo ?
Pierre : à force de se regarder en chiens de faïence, à force d’attendre lequel des deux se mettrait le premier au clavier, on s’est lancé en même temps et on s’est retrouvé sur le même tabouret…

LVER : n’est-ce pas perturbant d’être un duo à la ville comme à la scène ?
P : non. Le piano quatre mains est une façon de trouver à deux le son unique. C’est une belle image de l’amour. Et puis tous nos voyages et nos rencontres lors des concerts sont partagés dans l’instant. Une foule de souvenirs en commun. Une vie à deux.

LVER : Stéphanie, quels sont les plus gros défauts de Pierre ?
Stéphanie : et bien, c’est probablement très risqué de répondre à ce genre de question si vous souhaitez que le concert ait bien lieu et que le duo n’implose pas avant…

LVER : Pierre… ? Même question !
P : c’est bien l’avantage d’un jeune couple, c’est d’être suffisamment aveuglé pour n’être pas capable de répondre à cette question.

LVER : des anecdotes amusantes à raconter survenues pendant des concerts ?
Pierre et Stéphanie : même si nous n’avons pas encore eu droit au lancer de tomates d’un public mécontent ou au lancer de sous-vêtements d’un public en délire, on se souvient avec délice d’un concert tout à fait particulier en plein grand hall de la Gare Centrale de Bruxelles, à l’heure de pointe, piano à queue, queue de pie, belle robe et navetteurs ; lorsque nous avons lancé un tango célèbre, un couple de voyageurs est sorti de la foule pour danser passionnément contre notre piano. Un bel instant d’Argentine au Centre de Bruxelles.DUO SOLO_ON THE ROAD 1
Une autre fois, nous jouions dans un château loin dans la campagne, mais ce soir-là, la Reine (des Belges bien sûr) était venue nous écouter. Les organisateurs avaient bien entendu préparé de quoi restaurer tout ce beau monde après le concert, mais lorsque le cuisinier a lancé son deuxième four, le système électrique de ce vénérable château a fait un caprice et nous a plongé dans l’obscurité, en pleine Ouverture de Guillaume Tell. Nous avons continué à jouer, une bonne minute, et le public a trouvé ravissant d’avoir ainsi créé une ambiance tout à fait délicieuse. Nous ne l’avions pas voulu, mais ce fut très bien ainsi : la lumière est revenue, et la Reine a pu profiter de zakouskis bien chauds…
La liste pourrait bien entendu s’allonger encore et encore, des concerts en extérieurs, en bord de mer lorsque les partitions prennent le large, sous un arbre, lorsque de monstrueuses araignées descendent sur le clavier pour titiller Rossini, et bien d’autres réjouissances !

Catherine a trouvé une pépite…

LVER : Catherine, comment avez-vous connu ce duo ?
photo cine 3Catherine Kauffman-Saint-Martin : en 2013 j’ai reçu un disque de Belgique, consacré à des airs d’opéras de Rossini, transcrits pour piano à quatre mains. Le nom des musiciens m’était inconnu mais j’avoue que celui de Duo Solot m’a amusée, c’est un oxymore ! Le fait qu’il s’agisse d’airs d’opéras m’a tentée car les mélomanes toulousains sont gourmands de lyrique : le Théâtre du Capitole est mythique. J’ai donc écouté le CD avec attention. Tout y est : la célébrissime ouverture de Guillaume Tell, les duos du Barbier de Séville, dans une version très enlevée, vivante, enthousiasmante. Intriguée par ce jeune duo j’ai rapidement souhaité en savoir plus. Une amicale collaboration s’est vite installée. Cerise sur le gâteau, ils m’ont proposé de jouer en avant-première leur nouveau CD : La Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak ! Une œuvre fabuleuse que tout le monde connaît, fréquemment utilisée au cinéma international et jusque sur la lune où Neil Armstrong en emporta un enregistrement en 1969. On se demande comment cette grandiose pièce orchestrale peut être transcrite pour le piano ???  Je ne l’ai pas encore entendue, mais je leur fais confiance les yeux fermés… Et les oreilles ouvertes. SCOOP le 12 avril !

LVER : en effet, première organisation avec eux pour vous…
CKSM : oui Macha, Stéphanie Salmin et Pierre Solot  joueront à Rochemontès mais aussi dans la région toulousaine pour la première fois. Je crois avoir découvert une pépite d’or dans le flot de propositions que je reçois chaque jour. Ils sont beaux, charmants, pleins d’humour, d’une grande fraîcheur.  Nous allons passer un formidable dimanche en leur compagnie et repartirons le sourire aux lèvres en fredonnant du Rossini… Surtout après la dégustation de vin de Gaillac et autres gourmandises dans ce merveilleux écrin de l’Orangerie (Rossini était gastronome : d’où le fameux tournedos). Le piano sera le grand Steinway d’Eric Callégari (d’Auch), pour quatre mains talentueuses il faut bien cela !

Et bien il ne te reste plus qu’à prendre vite ta place Ô public ! Tu l’as lu : ils sont jeunes, beaux, talentueux, drôles et amourheureux… Un dimanche de rêve s’annonce !

Toutes les magnifiques photos en noir et blanc de Stéphanie et Pierre sont de Philippe Beheydt.

Rendez-vous donc dimanche 12 avril à l’Orangerie à 16 h 30. De la musique de l’amour du piano et du Gaillac… What else ? Du soleil c’est évident avec un tel programme !

Plus d’informations : site des artistes.
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Et le dernier pour la route…

Le dimanche 31 mai (à 17 h 30 par contre – histoire que tu ne partes pas du repas de fête des mères en ratant le dessert), un dernier concert pour clôturer la saison. Ce sera le 15ème à l’Orangerie avec l’apéritif sur la pelouse en compagnie des musiciens des Passions et leurs Petits plaisirs vénitiens… tout un programme pour ce rendez-vous dominical, musical et familial. Tiens d’ailleurs c’est une belle idée de cadeau pour la fête de ta mère ça non ?

L’Orchestre Baroque de Montauban Les Passions offre ces Petits plaisirs mis en musique par des compositeurs à l’imagination débridée. L’Italie du XVIIème siècle, particulièrement Venise, voit l’éclosion de nombreuses formes instrumentales, témoignage de l’émancipation des instruments par rapport à la voix. Naissent alors les termes cantate, sonate et canzone dont le destin se prolonge jusqu’à nos jours.

La flûte à bec de Jean-Marc Andrieu, le clavecin de Yasuko Uyama-Bouvard et le très original basson de Laurent Le Chenadec interprètent ces thèmes à la mode (aujourd’hui appelés standards) et leurs variations où se disputent virtuosité et expressivité instrumentale.

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Cet article est l’occasion également d’annoncer la naissance du tout nouveau site de l’Orangerie qui vient d’être conçu par deux formidables jeunes webmasters de Céréal Concept, Johann et Adrien.

Duo Mélisande : deux cœurs, quatre mains, six cordes…

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Au château de Rochemontès s’organisent parfois des dimanches musicaux. Nous t’en parlions pour le premier de la saison en novembre dans cet article. Dimanche 1er mars, l’Orangerie renouvelle l’invitation en accueillant le Duo Mélisande.

Ce duo est constitué de deux jeunes et brillants guitaristes : le toulousain Sébastien Llinarès, 36 ans, et le lillois Nicolas Lestoquoy, 32 ans. Tous deux offrent une version enthousiasmante et originale des célèbres Variations Goldberg, un des morceaux les plus connus de Jean-Sébastien Bach, transcrites pour deux guitares.
La seconde partie du spectacle sera dédiée à Joaquim Turina (Cinq danses gitanes) et à Isaac Albéniz (Tango et Mallorca). La musique espagnole, faite de rêves et de rythmes  -disait Debussy-, est un des rares mouvements musicaux qui a fait naître autant de fantasmes dans l’imaginaire du public que de débats passionnés chez les artistes.

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Sébastien et Nicolas ne se battront pas le 1er mars : ils auront une guitare chacun ! Photo ©Nicolas Djavanshir

Le Duo Mélisande permet de découvrir la guitare à la fois instrument de l’intime mais aussi petit orchestre comme disait Berlioz dont c’était l’instrument de prédilection, lui, le grand orchestrateur.

Après des années d’oubli ou de marginalisation, et grâce à une nouvelle génération de musiciens modernes très doués, l’instrument à six cordes revient sur le devant de la scène. Et Sébastien et Nicolas participent à lui redonner ses lettres de noblesse.

Les Variations Goldberg en noir et blanc (par Sébastien Llinarès)

Depuis que je pense à jouer les Variations Goldberg à deux guitares, je les imagine en noir et blanc. Il ne s’agit pas de les jouer en essayant de restituer les couleurs d’époque, mais plutôt en essayant de saisir ce qui reste, ce qui résiste au temps.

Au départ, il y a un désir plus passionnel que raisonnable, une attirance vers quelque chose qui n’est pas a priori fait pour soi. Car, si le clavecin et la guitare ont quelque chose en commun dans la nature de leur courbe sonore, leurs possibilités respectives sont très différentes.

Nous avons donc voulu créer la rencontre entre notre instrument et le chef-d’oeuvre. Et ce, sans jamais aller contre notre instrument : les tessitures, les tempos et les ornements ont été choisis pour leur faisabilité, leur efficacité, leur musicalité guitaristique.

Mais nous ne sommes jamais allés non plus contre l’oeuvre, sa forme et sa nature intrinsèques. L’idée de la transcription est une pratique d’époque. Nous reprenons à notre compte les idées initiées par la grande musicienne et musicologue américaine Rosalyn Tureck, qui disait que la musique de Bach, essentiellement abstraite, peut circuler d’instrument en instrument. Il existe de nombreux exemples montrant que Bach jouait lui-même ses propres pièces en variant l’instrumentarium, chaque version apportant son propre regard sur l’oeuvre.

Travailler les Goldberg à deux implique, comme tout travail de musique de chambre, de s’imprégner d’un réflexe commun. Ainsi, sans trop discourir sur la forme ni sur notre «plan d’attaque», nous avons laissé, peu à peu, ces variations nous habiter.

L’idée d’une homogénéité sonore n’a pas non plus été notre souci premier. Nous avons plutôt chercher à faire vivre harmonieusement nos différences.

La musique de Bach est une synthèse sublimée de toute la musique occidentale qui s’est faite avant lui. Et les Variations Goldberg sont un peu la synthèse géniale de l’art de Bach. Si cette musique est si vivante, c’est parce qu’elle suscite autant l’envie de plonger dans l’époque de sa création pour approcher de la «vérité», que l’envie de se l’approprier et de continuer à rajouter des étages à cet édifice indestructible. [Sébastien Llinares]

Nicolas, Sébastien et Mélisande

Nicolas Lestoquoy est né à Lille et a commencé la musique à 6 ans avec Xavier Descamps. En parallèle de son parcours musical, Nicolas fait des études scientifiques. Dix ans de guitare avec son professeur, puis deux ans au conservatoire de Lille (avec une médaille d’or), il enchaîne beaucoup de concerts de rock, jazz et expériences en tous genres… Accepté en école d’ingénieur, c’est à ce moment-là qu’il décide de tout arrêter pour se consacrer pleinement à la musique. D’abord en vivant de ses concerts et des cours puis ensuite en se spécialisant à l’Ecole Normale de Musique de Paris auprès du Maestro Alberto Ponce.

C’est là qu’il rencontre Sébastien Llinarès. Ils se croisent dans les couloirs. N’ont pas les mêmes cours. Et leurs professeurs se détestent ! Quelques années plus tard -en 2011- lorsque Sébastien lui propose le projet d’un duo autour des Variations Goldberg, Nicolas accepte.

Lorsque qu’il a lancé le projet, l’idée de confronter ou plutôt d’harmoniser ces esthétiques nous est apparue comme une évidence. Depuis c’est toujours un plaisir de découvrir et échanger musicalement sur les chefs d’œuvres que nous interprétons. [Nicolas]

Cette adaptation est impossible à une seule guitare ! Nicolas a été assez dingue pour accepter de créer ce duo ! [Sébastien]

Sébastien, lui, passe son enfance près de Toulouse, à Pibrac dans une famille qui n’était absolument pas musicienne. Pourtant il rêve de faire de la batterie. Mais sa mère trouve que ça fait trop de bruit…

Il intègre tout de même l’école musicale locale pendant des années et joue de la guitare électrique dans plusieurs formations. Etudiant en musicologie à l’université du Mirail, il découvre le jazz. Il lâche alors le rock et découvre la musique classique, baroque, romantique et la musique espagnole.

Pour Sébastien, le travail et le plaisir sont très liés. Il est remarqué à l’Académie Internationale de Musique de Cagliari (Sardaigne) où il obtient une bourse d’étude lui permettant d’intégrer la classe de Rafael Andia à l’École Normale Supérieure de Musique de Paris. Soutenu ensuite par la Fondation Zalesky, il obtient en peu de temps son diplôme supérieur de concertiste.

Son professeur dit alors de lui : Sébastien a un talent unique qui le place au niveau des plus grands. Une technique à toute épreuve, alliée à un son rare, donne à sa musique une force peu commune. Il montre une telle facilité qu’on n’a jamais l’impression d’effort, impression habituelle même chez les grands guitaristes. 

A Paris, il croisera Nicolas. La suite tu la connais déjà…

Les Variations Goldberg pour deux guitares

Cette œuvre du grand Bach a été composée vers la fin de sa vie aux alentours de 1740. Composées de trente morceaux et deux arias, ces Variations sont initialement destinées au clavecin à deux claviers, l’usage fréquent de croisements de mains rendant leur interprétation difficile sur un seul clavier.

De deux claviers à deux guitares, finalement, n’y aurait-il qu’un -grand- pas ?

Lorsque Sébastien -à la fac- entend pour la première fois cette musique interprétée par Glenn Gould, c’est un véritable choc musical pour lui. Il l’écoute en boucle. L’idée du duo à la guitare naît alors.

 Il faudra un an de répétitions aux deux guitaristes pour travailler les morceaux. Une main droite, une main gauche…

Le duo a tiré son nom de l’opéra Pelléas et Mélisande -un livret de Maurice Maeterlinck sur une musique de Claude Debussy. Dimanche 1er mars, il n’y aura pas que du Bach, mais également les Cinq danses gitanes de Joachim Turina et Tango et Mallorca d’Isaac Albéniz.

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Le duo Mélisande en répétition. L’un avec ses partitions sur papier. L’autre sur sa tablette… Photo collection personnelle.

La guitare a cette chance d’être un instrument de partage et de mélange de culture à travers le monde. Tout autour du globe les gens jouent de cet instrument. C’est ce qui me passionne le plus avec la musique instrumentale et en particulier avec la guitare. Longtemps et encore maintenant j’aime me retrouver à l’autre bout du monde pour partager et vivre à chaque fois une rencontre ou la guitare et plus largement la musique sera notre principale moyen de communiquer. [Nicolas]

Je pense que la guitare est un instrument d’avenir dans la musique de chambre. La variété de ses timbres et de ses dynamiques apporte quelque chose de très particulier dans un ensemble instrumental. De plus en plus de compositeurs s’emparent de ces possibilités. [Sébastien]

Quand le duo n’est pas ensemble

Sébastien a quitté Toulouse depuis quelques années et vit à Paris. Il revient cependant régulièrement dans la région voir sa famille et j’ai eu le plaisir de le rencontrer autour d’un thé et de délicieux gâteaux au citron (merci Catherine !).

En soliste, il se produit régulièrement en récital en France et à l’étranger, et est aussi invité dans des festivals. Aujourd’hui, passionné par l’écriture, il compose ou transcrit des pièces inédites pour son instrument, avec la volonté d’ancrer le vocabulaire de la guitare contemporaine à la puissance expressive de la tradition guitaristique classique. Il a notamment enregistré ses transcriptions de Poema en forma de Canciones (Sébastien Llinares joue Joaquin Turina, Paraty 2011). Dernièrement, son disque Soliloque vient de sortir.

Il est professeur au conservatoire Eric Satie à Paris et tient également une classe au Conservatoire International de Musique de Paris.

Nicolas a de nombreux projets, mais  il y a un fil rouge : mettre en lumière les plus belle pages de musique de chambre avec guitare et donc donner une place à cet instrument aux cotés d’une flûte, d’un violon, d’un quatuor ou d’un orchestre. Il a  enregistré le premier volet d’une intégrale pour flûte et guitare des œuvres de Mauro Giuliani avec Berten d’Hollander, flûtiste international. Dans quelques jours, il sera en studio pour préparer un disque autour des compositions de Mario Castelnuovo Tedesco et Carlos Guastavino… Sa discographie t’en dira plus.

S’il est toujours professeur au conservatoire régional de Douai, cela fait dix ans qu’il vit à Paris. Après Montmartre, le voilà installé à la Villette. Une nouvelle partition vient de s’ajouter à son répertoire : sa fille Zélie, née le 22 novembre dernier. Elle aura bien choisi cette date, c’est la Sainte Cécile, patronne des musiciens !

Catherine Kauffmann-Saint-Martin, l’attachée de presse du duo

Fin 2011, la propriétaire de l’Orangerie de Rochemontès, Christine de Roaldès-d’Huy, très mélomane, lui fait part de son désir d’y organiser des concerts. Etant attachée de presse de musique classique, Catherine Kauffman-Saint-Martin (alias CKSM) connait beaucoup de merveilleux musiciens.

22271_299134999840_7351588_nJ’ai été  immédiatement séduite par le projet de les faire découvrir dans ce magnifique  écrin, intime car il n’y a que 200 places.

C’est un bâtiment patrimonial  du XVIIIe siècle au cœur d’un parc à la française dessiné par Le Nôtre, la Garonne coule au pied du château.  Et pour bien profiter du décor j’ai décidé de faire les concerts le jour, le dimanche à 16 h 30, suivis d’une dégustation de vin et produits de la Ferme aux Téoulets à partager à l’heure de l’apéritif avec les artistes et l’équipe.

D’où le titre : Concert à l’’Orangerie de Rochemontès : Un dimanche à la campagne, musical et convivial.

Interviewée par Up Radio, Catherine nous raconte les jolis dimanches de l’Orangerie.

Catherine rencontre Sébastien en 2009. Le jeune homme qui écrivait pour le journal La Terrasse à Paris avait été délégué par sa rédaction pour chroniquer un splendide concert des Passions et des Eléments, dirigé par Jean-Marc Andrieu en la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse : Les Lamentations de Jean Gilles. Catherine ignorait qu’il fut également musicien… Puis, il la recontacte pour lui proposer de s’occuper, en tant qu’attachée de presse, du lancement de son premier CD consacré au compositeur espagnol Joaquin Turina. Elle découvre alors son très grand talent, sa gentillesse, et par, la même occasion un peu du monde de la guitare classique qu’elle ne connaissait absolument pas.

J’ai vite été conquise ! En plus il est toulousain… Alors !!! Mon amie Françoise Palmerio, présidente du festival Cinespaña l’a invité à jouer à l’Institut Cervantès. L’aventure a continué avec tous ses autres projets, nombreux concerts et 3 CD  dont le magnifique enregistrement des Variations Goldberg de J-S. Bach avec son complice Nicolas Lestoquoy, lui aussi guitariste aux multiples talents et charmant. Depuis nous formons une belle équipe, leur notoriété monte en flèche. Je suis heureuse de les recevoir à Rochemontès, je suis certaine que le public va partager mon enthousiasme.

Sur les ondes et sur la toile

Tu pourras écouter Sébastien parler du concert toujours sur l’antenne de nos amies de chez Up Radio ce soir à 20 h, demain jeudi à 14 h ou encore vendredi à 11 h.

Voici le site du Duo. La page Facebook. Le site de Nicolas. Et le site de Sébastien.

Un petit avant goût ? Clique, ferme les yeux (mais clique avant !) et déguste… C’était hier matin en live sur France Musique de bonne heure…

Un printemps musical

DuoSolot2Catherine et son équipe ne s’arrêteront pas en si bon(s) chemin(s)… A l’Orangerie, et pour la première fois à Toulouse, le Duo Solot  -Stéphanie Salmin et Pierre Solot- qui vient de Belgique jouera des transcriptions inédites des grands airs d’opéras de Rossini comme Le barbier de Séville, L’italienne à Alger, ou encore la célébrissime ouverture de Guillaume Tell ainsi que La symphonie du Nouveau Monde de Dvorák. Ce sera le dimanche 12 avril 2015 à 16 h 30.

Pour clôturer cette saison musicale, suivra une formation voisine, Les Passions-Orchestre Baroque de Montauban, qui offrira au public de l’Orangerie des Petitsminiatures-seicento-recadre.jpg plaisirs  mis en musique par des compositeurs à l’imagination débridée. Donnons rendez-vous à la flûte à bec de Jean-Marc Andrieu, au clavecin de Yasuko Uyama-Bouvard et au très original basson de Laurent Le Chenadec. Ce sera le dimanche 30 mai à 16 h 30. Tu as noté dans ton agenda ? Ne t’en fais pas, ces deux événements auront droit à un article dans nos pages quelques jours avant la date.

Côté pratique

Le concert coûte 24 € (tarif réduit pour les étudiants à 15 €, gratuit pour les moins de 10 ans). Les réservations sont fortement conseillées via ce lien ou auprès de Catherine au 05 62 72 23 35. Le concert sera suivi d’un apéritif gourmand. Pour se rendre au château de Rochemontès, c’est par ici. Tu peux également cliquer sur la photo pour découvrir le site.

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