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La Vie en rose de Williams Exbrayat : polarisation

Williams Exbrayat

J’avais rendez-vous avec un ours dans un bar à vins, en fin de journée. Le genre de type qui écrit des polars dont le héros, ultra misogyne, est super atta-chiant. Comme son personnage, Maddog, il avait un nom à coucher dehors : Williams Exbrayat. Nous n’allions pas coucher, ni dedans ni dehors, mais j’avais le cœur qui palpitait. Est-ce qu’il était aussi rustre que son double de papier ? Est-ce qu’il me prêterait attention, à moi, la non-blonde qui ne dépassait pas le mètre soixante ? Je décidai de ruser en envoyant un texto que je voulais mystérieux et drôle, comme ses livres.   

J’aimais bien cette boutade : « l’air niais en vous attendant ».

Je te passe le moment où, complètement paumée, j’ai fait cinq fois le tour du quartier dans mes sandales à talons en cuir noir qui me défonçaient les pieds. Et quand j’ai retrouvé la dite bicyclette à poils moites qui m’a annoncé que le bar était finalement fermé. Nous avons erré un moment avant d’échouer devant « El diez ». Le nom claquait comme mes chaussures sur le pavé, la devanture était noire comme un roman policier, et ils servaient du vin.

El Diez, bar tapas de la rue des Filatiers

Un ours, j’t’ai dit

Oui, Williams Exbrayat est un ours. Ou plutôt, un nounours. Derrière ses mots crus et son menton viril se cache un type adorable et abordable. Cultivé. Généreux. Bien élevé. Chaleureux. Un barbu bourru bourré d’humour et d’amour. L’inverse de son Doppelgänger. La version domestiquée de ce clébard de Maddog.

Des bouquins qui ont du chien

Entre Chiennes fidèles et Chasse à l’épaulard, on voit bien que Williams verse dans l’animalier. C’est son côté pédagogue (il est professeur documentaliste dans son autre vie) : « J’ai envie d’écrire pour les gens qui n’ont pas le réflexe lecture », explique-t-il. D’où des formats courts et numériques, à grignoter quand tu veux et à emporter partout. Côté influences, l’auteur se dit impressionné par James Ellroy, Paco Ignacio Taibo II et James Crumley dont le style très direct l’a nécessairement marqué. «  Je recherche de la densité, pas de choucroutage. Aller à l’essentiel, avoir du rythme, un fond historique et de l’humour, c’est ça, ma marque de fabrique. »

Quant à Maddog, lui qui est « un double en négatif, impulsif et dragueur », il a aussi pour modèle des musiciens comme Jerry Lee Lewis (« très religieux et complètement cramé de la tête, un personnage hors norme qui fait ce qu’il dit »), le trompettiste de James et les contorsions (« une crevette qui se battait physiquement avec son public ») et McNulty de la série policière The Wire. L’arc narratif sur cinq ans et l’univers de cette série ont beaucoup inspiré Williams.

« Voilà Maddog : un personnage sarcastique qui dit tout haut des pensées pas toujours très fines et qui aime l’absurde, d’où les fins assez comiques de mes romans. C’est un cynique à l’ancienne, proche de la nature, en conflit avec la civilisation et la culture. Mais c’est aussi le cynique actuel, désabusé et chien fou, qui ne peut pas s’empêcher de faire des conneries. Il réagit à l’instinct, il est donc doté d’une intelligence situationnelle mais il n’est pas très intellectuel… ! »

Montage réalisé par Williams

Un bestiaire bientôt best-seller

Williams Exbrayat gagne à être connu. Ce serait chouette que tu l’aides à être re-connu ! Chasse à l’épaulard, 2e opus mettant en scène l’anti-héros au nom canin concourt au prix du livre numérique 2014, alors si c’est ta came, va vite voter par ici !

Tu peux également retrouver les œuvres de Williams directement sur le site de Story Lab (sous format numérique exclusivement) et sur Amazon où elles ont été n°1 du top des meilleures ventes.

Trêve de parlote, Maddog n’aimerait pas ça.

Le voici donc en action dans un extrait de Chiennes fidèles, le 1e épisode de la saga Maddog, imaginée en six volets, et publié en 2003 aux éditions Story Lab. Maddog, ancien flic devenu détective privé, se fait plaquer sans sommation par Dora la manipulatrice. Coup dur pour notre héros, qui regrette surtout, à l’étonnement de tous, l’urne funéraire de Sally, son animal de compagnie, emportée comme le reste des meubles par cette ex revencharde… Une histoire haletante que tu pourras lire en 45 minutes et qui t’accrochera au cou comme un toutou en laisse. Je le sais, parce que je n’aime pas les polars, et je me suis fait avoir : j’ai tout lu, tout bu, toute émue.

1e de couverture de Chiennes fidèles

Un petit mot était accroché à la porte de mon appartement, aux yeux de tous :

Maddog, si ta connerie était à prendre, je l’aurais prise aussi. Sally te salue bien. Dora.

J’avais toujours admiré la cruauté chez les humains ; manifestement, Dora maîtrisait bien ce trait de caractère. Mais de toute évidence, elle manquait de discernement. Car vilaine chose que d’embarquer ma chienne – ou du moins ce qui en restait – sans mon approbation ! Toucher à mon toutou, même mort, c’était s’abonner à du bourre-pif ad vitam aeternam et à tous les repas.

Trente minutes plus tard, j’étais au bureau, à deux doigts de pleurer comme un vieil arrosoir. Je jurais qu’on ne m’y reprendrait plus. Danny était resté tard à notre agence, comme à son habitude. Il mettait de l’ordre dans les comptes de la société. Un chantier éternellement recommencé car il fallait composer avec la catastrophe administrative que j’étais. Ce jour-là, j’étais pour lui une source inégalable d’amusement. Surtout après ma longue diatribe sur la tragédie que constituaient ma vie, mon œuvre et mes femmes.

— Au moins, cette fois, tu as eu la présence d’esprit de ne pas te marier ! Danny venait de parler et pour être honnête, question réconfort, j’étais peu servi.

— Elle t’a tout pris ; elle ne te prendra plus rien, crut-il bon d’ajouter.

Je goûtai moyennement la plaisanterie, d’autant que cette assertion était fausse. Dora avait embarqué les restes de Sally, et un peu plus encore… Mais cela, il n’y avait que moi pour être au jus. Une emmerde de niveau international m’attendait. Je choisis de déballer mon sac à Danny en espérant obtenir une aide précieuse ou, du moins, une oreille attentive, et pourquoi pas compatissante. J’activai donc le mode pleureuse et ouvris ma gueule grande comme la porte de Brandebourg.

— Danny, tu t’es jamais posé la question de savoir comment je faisais pour entretenir Dora, me payer en même temps une bagnole grosse comme un cargo et habiter dans le VIIIe arrondissement dans un appartement deux fois plus grand que le tien ?

Danny était perplexe. Il s’occupait des salaires et savait pertinemment que la somme qu’il nous versait tous les mois était insuffisante pour assurer un train de vie de sénateur. Mais Danny n’avait pas pour habitude de fouiner dans mes affaires. Celles de nos clients lui suffisaient amplement. Il amorça un début de réponse :

— Un héritage, peut-être ? Mais cela voudrait dire que ta mère est morte pour la cinquième fois depuis que je te connais.

Je regardais les mouches voler.

— Plus sérieusement, reprit-il, il est de notoriété publique qu’en dehors de nos affaires communes, tu te fais du fric au noir en bossant comme videur pour Lopez.

— Physionomiste ! répliquai-je.

J’aimais que l’on soit précis sur mes qualifications.

— Va pour « physionomiste », si ça te chante. Mais à moins que Lopez te paye en lingots d’or ou en tickets de loto gagnants, ça n’explique pas le palace et la tire… À moins que tu fasses la pute de luxe pour ces dames du Lubie ?

— J’ai une gueule à faire le tapin ?

— Tu as de beaux restes, même si tu trimballes ce sourire niais à longueur de journée. Mais je suppose que ça doit plaire aux femmes.

Danny était d’humeur taquine et, en définitive, j’appréciais ses efforts pour détendre l’atmosphère. — Le colonel ! fit-il tout d’un coup.

— Quoi, le colonel ?

— Oui, le colonel. T’as travaillé pour lui, il y a six mois. Il paye très bien, l’animal, mais je ne voulais pas de cette affaire pour l’agence. Le colonel, c’est un requin qui nage en eaux troubles. Je n’aime pas ses manières. Et j’ai bien eu raison de ne pas te suivre sur ce coup-là, parce que moi, au moins, je n’ai pas de mort sur la conscience.

L’attaque n’était pas infondée. J’avais été embauché par le colonel pour filer un de ses proches collaborateurs qu’il suspectait de piquer dans les caisses de ses diverses activités nocturnes : une agence événementielle, un bar de nuit et un club libertin des plus appréciés de Paris. Il ne m’avait pas fallu longtemps pour confondre l’indélicat. Le colonel fut ravi. Trois jours plus tard, on retrouvait le corps du collaborateur carbonisé dans sa bagnole, sur une aire d’autoroute à trente kilomètres de Paris. Ses couilles pendaient négligemment sur le rétro de la voiture.

— Ce que tu fais en dehors de notre agence ne me regarde pas, Maddog. Je le sais. Tu le sais. Le reste, c’est du libertinage professionnel et je le respecte. Mais si tu veux parler, c’est que tu as dû faire une connerie grosse comme ma putain de bedaine. Me trompé-je ?

Je regardais Danny – cent quarante kilos de pure guimauve – et je ne pouvais m’empêcher de penser que son bide avait pris de l’ampleur ces derniers temps. Son régime diététique à base de sucreries y était sans doute pour quelque chose. Le célibat et la vie sédentaire qu’il s’imposait faisaient le reste.

— Nietsches !

— À tes souhaits.

— Nietsches, répétai-je, Henry Nietsches, l’avocat véreux, celui qui a touché des pots-de-vin dans l’affaire Sébastopol. Merde, un petit effort ! C’est de notoriété publique.

— Et après ?

Je n’osais plus cracher ma Valda. Danny, droit comme un i, la main dans un paquet de bonbons gélifiés, ouvrait une gueule béante en émettant des « et » interrogatifs qui m’énervaient au plus haut point. —Je crois bien que je l’ai… comme qui dirait… truandé.

Je baissai les yeux et remarquai au passage que mes godasses avaient besoin d’un sérieux coup de cirage.

— Truandé ?! hurla Danny. Qu’est-ce que tu entends par « truandé » ?! Arnaqué ? Volé ?

Poursuivant la contemplation de mes pieds, je me dis en mon for intérieur qu’ils étaient parfaits ; ni trop petits, ni trop grands, une merveille physiologique dont la Nature m’avait généreusement dotée. Dommage qu’elle se soit arrêtée si bas; ma tête aurait mérité davantage de jugeote.

[…]

Devise de Williams Exbrayat
Extraits de Chasse à l’Épaulard, 2e opus mettant en scène le détective mal léché, publié en 2014 aux éditions Story Lab. Alors qu’il pensait se la couler douce quelque temps, Maddog reçoit un appel des plus déplaisants : son ex-femme (encore elle !) parvient à le convaincre de retrouver son nouveau mari Épaulard, un ancien militaire, qui s’avère ne pas être le seul à avoir étrangement disparu… « Avec cette nouvelle oeuvre, Williams propose une intrigue plus complexe et développe davantage son anti-héros à la vanne implacable. Au fur et à mesure des épisodes, je livre davantage les personnages. Pour le 1e, j’ai voulu joué sur les archétypes du genre, […] j’ai créé un con. J’apporte plus de nuances dans le 2e, Maddog y est moins carricatural, il relativise davantage son rapport aux femmes, se remet en question.» Ce qui n’empêche pas les scènes d’actions… Et Williams a raison : c’est encore-plus-bon !

 

1e de couverture de Chasse à l'épaulard

Ce soir-là, quand le téléphone sonna, un étrange sentiment m’envahit. Après une longue hésitation, je me résolus à décrocher. À l’autre bout du fil, une voix suave et féminine que je reconnus entre mille. Lisa. Les poils de mes bras se hérissèrent. Mon corps se raidit, et je sentis des gouttes de sueur couler sur mon front. De la merde en barre à portée de combiné, voilà ce que m’inspirait une discussion avec mon ex-femme !

— Qu’est-ce que tu me veux ?

— Quel accueil, Maddog ! Ce n’est pas l’ex-mari que j’appelle, mais le privé.

Dans quel merdier s’était fourrée Lisa pour venir me les briser menues juste au moment où je m’apprêtais à écouter l’intégrale de Coltrane avec, en prime, un bon drink. Ma nouvelle chienne, Sally Jr., un Jack Russell à la robe blanche et marron, me regardait d’un air triste, les yeux rougis et larmoyants par une méchante conjonctivite qui lui imposait le port d’une collerette blanche en forme d’entonnoir. Elle soufflait dans son panier et désespérait de ne pas être le centre d’attention.

Je regardai mon verre rempli aux trois quarts : un trait de vodka, deux traits de Martini Rosso et une olive verte pour la forme. Je lui promis un séjour imminent dans mon gosier, après avoir, au préalable, écourté la discussion.

— Ôte-moi d’un doute, ton nouveau mari — tu sais, le gars qui m’a remplacé —, c’est bien un privé lui aussi ?

Lisa avait une appétence certaine pour les détectives. Elle m’avait quitté deux ans plus tôt pour un ancien militaire reconverti en barbouze. Épaulard, de son surnom. Doté de mensurations monstrueuses, dignes des premières lignes du rugby moderne et d’une notable propension à survivre en milieu hostile, Épaulard se plaçait tout en haut de la chaîne alimentaire. Il avait monté une boîte spécialisée dans le contre-espionnage industriel, avec un associé, à Pau. L’affaire tournait comme un coucou suisse. Une putain de reconversion, en fait ! Lisa l’avait rejoint et profitait des larges bénéfices que générait la petite entreprise.

— Épaulard a disparu, lâcha Lisa.

— Tu veux dire qu’il n’est pas rentré à la maison ? Et tu appelles ton ex-mari pour régler tes problèmes conjugaux ? Si mes souvenirs sont bons, notre relation se résume depuis deux ans à des courriers par avocats interposés.

Je bavais littéralement sur le téléphone. Notre dernière rencontre s’était soldée par sa petite main délicate dans ma grande gueule. Aussi, je voyais d’un sale œil le retour inattendu de mon petit ulcère dans ma vie. La grande famille des médecins se frottait déjà les mains. Je regardai par la fenêtre de mon appartement parisien, situé dans le XIe, à deux pas du canal Saint-Martin. Dehors, il faisait nuit et froid. Sally Jr. s’était levée en gémissant et s’était collée à mes pieds, d’un air suppliant. Vexée du peu de cas que je fis de sa présence, elle se dirigea vers l’entrée et gratta à la porte, signe qu’il était l’heure de sa promenade nocturne. L’idée d’affronter le froid ne m’enchantait guère.

— Épaulard ne m’aurait jamais laissée seule sans nouvelle, reprit-elle. Pas maintenant. Et puis, il y a des choses étranges… Mais pas au téléphone. Viens me rejoindre à Pau. Je t’ai réservé un billet d’avion pour demain matin. Départ de Roissy à 7 h 32. J’espère que ce n’est pas trop tôt pour toi ?

— Tu parles. Je comptais me lever aux aurores, comme tous les matins, pour mon 1500 mètres parpaing en piscine.

J’entendis un souffle dans le combiné. Lisa s’impatientait.

— Qu’est-ce qui te dit que j’ai envie de travailler pour toi ? repris-je, plus sérieux.

Le grand professionnel que j’étais redoutait pardessus tout 1) de ne pas avoir de clients 2) d’avoir des clients, mais qui se révélaient à l’usage pénibles, difficiles, chiants, cons, abrutis, non solvables, et enfin 3) de besogner pour les proches, la famille et — pire que tout — les ex. Danny, mon équipier de choc et bien plus encore, ma conscience morale et professionnelle, m’aurait dit de refuser poliment, de raccrocher et de boire mon cocktail. Mais Danny était loin, sur les pistes de ski des Alpes, occupé à faire des papouilles givrées à son amant du moment.

— Je vais te dire pourquoi tu vas accepter, fit Lisa. Premièrement, tu dois être à court de liquidités, à force de jouer les vieux beaux avec des filles aussi jeunes que malintentionnées. Deuxièmement, la perspective de me voir si malheureuse devrait te ravir.

Je décidai, dans un élan de bonté envers moi même, de parler argenterie.

— Et pour mes émoluments, je me sers directement sur le trésor de guerre que tu as récupéré à la suite de notre divorce ? Ou peut-être envisages-tu de faire une OPA sur les comptes de ton nouveau mari, afin de rémunérer comme il se doit un détective de ma trempe ?

— Ne sois pas sarcastique. Il va de soi que je paierai le prix.

Qu’il m’était agréable de sentir Lisa en position de faiblesse ! En six ans de mariage, jamais je n’avais eu le sentiment d’avoir la moindre prise sur elle. Je fus donc ravi de tester sa motivation avec une dernière question somme toute légitime :

— Qui te dit qu’Épaulard a envie d’être retrouvé ? Peut-être qu’il est bien tout seul.

Lisa coupa court à ma théorie.

— Il ne m’a pas quittée, si c’est ce que tu laisses entendre. Ne joue pas au connard avec moi. Ne t’avise plus jamais d’envisager ce cas de figure, O.K. ?

Lisa venait de se départir de son calme légendaire. Une nouvelle jubilation vint poindre comme un orgasme rapide et violent.

— O.K., O.K.

Je n’étais pas d’humeur à faire des câlins ou des échanges de politesses, mais je lui concédai bien volontiers que des connards comme moi, on n’en faisait plus.

[…]

Un ou plusieurs mots pour qualifier ton oeuvre ?

10 h 02. Je pénétrai dans le bar. Ambiance cafardeuse. L’hiver s’était installé à l’intérieur du CQ. Tout y était terne, morne et sale. L’abreuvoir se caractérisait par un non-style assumé. Du sol au plafond, il n’y avait rien de remarquable ni d’agréable pour les yeux. Le CQ misait sur le fonctionnel. On venait y boire un coup, et pour le reste, il fallait se faire son petit film dans sa tête. Je m’installai au comptoir et commandai un café. Le barman ne parut guère concerné par ma demande. Sa tâche du moment : essuyer des verres perclus de calcaire, avec un torchon aussi dégueulasse que le Saint-Suaire. Mine peu avenante, bedaine triomphante, l’homme avait tout de l’ours mal léché.

Je réitérai ma commande poliment, en appuyant lentement sur chaque syllabe. Ma prosodie n’eut guère plus d’effet. L’homme baragouina quelques mots dans un patois local à l’adresse d’un petit groupe de vieux, rivés à une table, derrière moi. Des rires fusèrent dans la salle comme une poussée d’acné. Puis un silence, lourd et pesant, s’installa de nouveau. Tant pis pour le café. Je sortis une photo et la montrai au barman.

— Épaulard, ça te dit quelque chose ?

10 h 02. Je pénétrai dans le bar. Ambiance cafardeuse. L’hiver s’était installé à l’intérieur du CQ. Tout y était terne, morne et sale. L’abreuvoir se caractérisait par un non-style assumé. Du sol au plafond, il n’y avait rien de remarquable ni d’agréable pour les yeux. Le CQ misait sur le fonctionnel. On venait y boire un coup, et pour le reste, il fallait se faire son petit film dans sa tête. Je m’installai au comptoir et commandai un café. Le barman ne parut guère concerné par ma demande. Sa tâche du moment : essuyer des verres perclus de calcaire, avec un torchon aussi dégueulasse que le Saint-Suaire. Mine peu avenante, bedaine triomphante, l’homme avait tout de l’ours mal léché.

Je réitérai ma commande poliment, en appuyant lentement sur chaque syllabe. Ma prosodie n’eut guère plus d’effet. L’homme baragouina quelques mots dans un patois local à l’adresse d’un petit groupe de vieux, rivés à une table, derrière moi. Des rires fusèrent dans la salle comme une poussée d’acné. Puis un silence, lourd et pesant, s’installa de nouveau. Tant pis pour le café. Je sortis une photo et la montrai au barman.

— Épaulard, ça te dit quelque chose ?

En quelques secondes, sa grosse tête et ses deux joues flasques se retrouvèrent entre mes deux pognes. Puis je frappai violemment par trois fois son museau sur le zinc. Le bruit fut sourd et, certes, assez horrible. Les petits vieux se levèrent comme un seul homme.

— On se calme, les sprinteurs, et on boit frais. J’ai à m’entretenir avec Monsieur Bougon. […]

Affaire à suivre !

La vi(ll)e rose de Williams

Proverbe préféré de W. Exbrayat

MIAM : « Alors comme restaurant, j’aime bien L’Oignon vert rue Dalayrac : je crois qu’il est vietnamien. Il ne paye pas du tout de mine mais la bouffe y est honnête, c’est très bon, on y va souvent avec ma femme. Le cuisinier parle peu français, il n’y a pas de com ou de site internet mais c’est un endroit authentique. »

WAHOU : « La médiathèque Cabanis a des collections assez pertinentes, je suis un abonné, je consomme beaucoup de livres, des polars et des documents qui me permettent d’écrire mes bouquins. J’aime bien le bâtiment, même s’il est un peu froid, mais c’est plutôt une réussite dans le milieu des bibliothèques, parce qu’il y a plein d’expos, d’événementiel, de conférence avec des écrivains, et je trouve que c’est là que doivent être les écrivains, dans ces lieux-là, parmi les livres. »

OH OUI : « J’habite Faubourg Bonnefoy et j’aime ce quartier parce qu’il y a beaucoup de mixité sociale. Je suis dans un immeuble où l’on trouve des personnes âgées et de jeunes couples, il y a une très bonne ambiance. De manière générale, c’est un quartier qui mériterait que les pouvoirs publics s’y intéressent un peu plus : on a peu de transports en commun, que le bus 38 où tout le monde s’entasse, une galère. Le petit parc près de la mairie est très agréable. A La Pizza du faubourg, ils font les meilleures pizzas de Toulouse et pourtant, je suis difficile en pizza. Le boulanger d’à côté fait un pain délicieux aussi. En fait, tu trouves tout sur place, plein de commerces, le tout dans une ambiance village. »

Ô TOULOUSE : « C’est décontractée pour une grande ville, c’est ce qui m’a tout de suite plu ici, ce côté populaire, et ce qui m’a toujours surpris c’est de voir des « cailles-ra » sortir du bus et dire « merci m’sieur ». Ailleurs, il se ferait caillasser ! Ou être salué en prenant l’ascenseur et pouvoir discuter avec n’importe qui, ou encore rentrer dans un magasin sans avoir l’impression de déranger, entendre un commerçant répondre « avec plaisir » plutôt que « de rien ». La mentalité est conviviale ici.»

JE VOIS LA VIE EN ROOOOSEEEUUH : « Une vie en rose… ? Ça ne me parle pas trop. Je vois un grand barbu avec un tutu rose. Ou un éléphant. Bon, en y réfléchissant… L’idée de bonheur, c’est quelque chose de dionysiaque pour moi, une perte des moyens, une certaine folie, une euphorie. Avec des ailes en plus, comme votre webzine ! »

Autographe de Williams Exbrayat

Propos et notes manuscrites de W. Exbrayat recueillis par Nathalie Gautreau
www.gautreauteur.com

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  • Pipeau Marina 15 octobre 2014 at 22 h 15 min

    Coucou Nathalie,
    de te lire donne envie de te rencontrer…bravo !!!

    • nathalie gautreau
      nathalie gautreau 28 octobre 2014 at 21 h 41 min

      Merci beaucoup, quel joli compliment ! Tu habites dans la ville rose Marina ? Ça peut s’arranger, même si je suis sans doute moins intéressante que ma version papier… 😉