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La Vie en rose de Frédérique Martin, grande (d)âme de la littérature

Frédérique Martin une belle plume

Ecrivain ou ange gardien

– Imaginons que tout est possible, vous avez gagné au loto : que faites-vous ?
– J’écris.
– Alors, qu’est-ce que vous attendez ?

Frédérique Martin a mis vingt ans pour mener son projet à bien. Elle s’essaye éducatrice, soucieuse d’apporter son aide à ceux qu’on appelait à l’époque les « enfants martyrs » et cumule les « petits boulots alimentaires». C’est une conseillère de Pôle Emploi qui l’aide à faire le point. « Quand j’ai annoncé à ma famille que j’allais être écrivain j’aurais dit président ou ange gardien, c’était pareil ! Même si dans ma famille on a toujours su que j’adorais écrire. »

Sa première joie en tant qu’auteur, elle la vit pourtant très tôt dans son parcours : elle remporte alors le concours organisé par le CROUS et qu’elle préside aujourd’hui. Déjà amoureuse du court et d’un certain tragique quotidien, elle présente Lettre au petit matin, histoire d’une jeune fille très laide qui écrit à ses parents pour expliquer sa souffrance et finalement faire ses adieux.
« Ecrire demande du travail, les premiers textes sont plus qu’imparfaits, on se trompe, on s’égare… J’ai commencé par la nouvelle qui n’est pas un genre très prisé en France, de même que la poésie. Puis je suis allée progressivement vers le roman. Mais même dans le développement romanesque, je cherche toujours la brièveté, l’intensité de la nouvelle. »

Prix Promethée de la nouvelle en 2004 pour L’Echarde du silence, elle publie, entre autres, un roman pour la jeunesse (Zéro le monde, 2005), un recueil de poèmes (Papier du sang, 2006), et un roman épistolaire, Le vase où meurt cette verveine, en 2012, dont elle propose régulièrement une lecture musicale avec le comédien Roger Borlant en voix off et la chanteuse Marie Sigal sur scène. Cette année, Frédérique revient avec un roman poignant : Sauf quand on les aime, publié chez Belfond.

 

Au cœur du livre : le cœur des Hommes

« Avec Sauf quand on les aime, je voulais parler de la jeunesse fracassée. Celle que j’ai vu naître, que j’ai connue avec des rêves et des espoirs qui se sont heurtés au réel. » Ainsi de Kader, Juliette, Claire et Tisha, personnages fictifs, « vieux frère » et « petites frangines » qui représentent cette jeunesse souffrante à qui l’auteur dédicace symboliquement son livre.

Frédérique a en tête Christian Bobin, Charles Juliet qui a su hisser l’écriture de soi vers l’universalité et surtout les auteurs anglais dont elle admire l’art romanesque : « ils proposent toujours une peinture sociale à travers l’intime, les rapports familiaux, amicaux et conjugaux. J’aime raconter l’Homme au milieu du monde. Comment l’on vit et l’on subit ce monde. »

Un personnage se détache parmi ces jeunes adultes qui peinent à s’accomplir : Monsieur Bréhel, le vieux voisin. Une relation particulière et touchante se créé alors entre les deux générations. « Dans mes livres, je questionne les liens : comment ils se font, comment ils ne se font pas, alors qu’on a tous en nous quelque chose de fondamentalement positif. Quelle que soit notre origine, notre religion, nos idées politiques, notre culture, on a tous une similarité, un endroit où l’on peut se rejoindre. On le voit bien dans les grands mouvements de solidarité : ils vérifient que ce lieu existe chez l’homme. C’est ce qui permet à la société de tenir encore debout, c’est ce qui fait que l’on ne s’entre-dévore pas malgré une violence latente. »

Sauf quand on les aime délivre donc un message plein d’espoir malgré l’apparente noirceur du sujet. Le titre lui-même possède un sens infiniment optimiste, contrairement à ce que sa formule négative pourrait te faire penser.

Citation préférée de Frédérique Martin, notée de sa main

Citation préférée de Frédérique Martin, notée de sa main

 

L’univers des « djeun’s »

Donner la parole à la jeunesse, c’est employer son langage. Et là, tu remarqueras vite que Frédérique excelle en la matière. « Je serai incapable de tenir une conversation de jeunes dans la réalité. J’ai poussé leur langage vers quelque chose de plus littéraire mais j’ai introduit des tournures, des expressions et un certain relâchement dans l’écriture qui s’approche du vrai. Je n’avais pas envie de singer, ni d’utiliser des mots trop datés, trop à la mode. J’ai beaucoup écouté parler les jeunes, j’ai ce langage dans l’oreille, sa mélodie. »

 

Une plongée en musique

La tripartition du roman s’accompagne de références musicales actuelles. « On ne peut pas parler de la jeunesse sans parler de musique : c’est son liquide amniotique. Les jeunes baignent dans la musique, ils en ont en permanence dans les oreilles et possèdent des goûts très éclectiques. » Frédérique a choisi les chansons en interrogeant des jeunes gens qui lui ont fait connaître plusieurs artistes. Elle les a écoutés en boucle pendant l’écriture du roman. « C’est comme ça que j’ai découvert Mansfield TYA, Fauve, Zoë Keating mais aussi le rappeur Abd al Malik dont les œuvres ont une belle dimension de générosité et d’ouverture. Il y avait du sens par rapport à ce que j’écrivais et cela impulsait un rythme. »

 

Un roman fait pour le cinéma

Ce rythme rapide, on le perçoit aussi dans les allers-retours entre les personnages qui se lisent comme des séquences cinématographiques. Si l’auteur se défend d’avoir écrit son livre pour le grand écran, on y retrouve pourtant une dimension visuelle très importante et le mot « travelling » à la fin du récit. Alors si toi tu as une caméra et envie de mettre les mots de Frédérique en boîte, rends-toi à la fin de l’article pour la contacter (elle en crève d’envie elle ne serait pas contre).

Frédérique en pleine signature © N. Gautreau

Frédérique en pleine signature © N. Gautreau

La ville rose en compagnie de Frédérique

« Toulouse, c’est la quatrième ville de France et pourtant son centre est un village. Il n’y a que quatre ou cinq places, et surtout, une douceur dans les rapports. On est dans le sud, c’est une ville enclavée dans sa région, qui a quelque chose de provincial. »

  • C’est aussi le décor idéal pour raconter la jeunesse : « Toulouse a une forte identité culturelle, beaucoup de lieux alternatifs, de choix vivants et une forte population estudiantine. Ca pulse à Toulouse ! » Tu ne seras donc pas étonné-e de retrouver des endroits typiquement de chez nous dans le dernier roman de Frédérique, comme le bar Ô Bohème où elle anime fréquemment une émission sur Radio Campus (Pas plus haut que le bord) et Le Bistrologue, dont la configuration et l’emplacement se prêtait parfaitement à l’une des scènes les plus importantes de l’histoire. Tu prendras plaisir à retrouver ces lieux et à deviner la présence de Frédérique qui s’est malicieusement glissée dans les pages de son livre.
  • Frédérique te recommande également d’aller manger un morceau au P’tit Louis, un restaurant coréen rue de la République entre le Pont-Neuf et la place Saint-Cyprien. « On y mange très bien et les gens y sont adorables ». Ou bien va Chez Kitou, sur la place en bas de la grande rue Saint-Michel : Frédérique connaît la tenancière et adorait sa cuisine avant-même qu’elle ouvre son restaurant.
  • Mais j’ai un secret à te confier : approche-toi de l’écran. Il y a un lieu en particulier qui intrigue notre auteur. Elle rêve un jour de rencontrer ce vieux monsieur qui tient un bar clandestin une petite guinguette on ne te dira pas où, tu sais pourquoi. « Il y a tellement de lieux charmants à découvrir ici ! Cette ville bouge tout le temps, je ne la connaîtrai jamais à fond ! »

A défaut de la rencontrer en vrai, tu peux retrouver Frédérique Martin sur son site et sa page Facebook. Sache qu’elle prépare déjà son futur recueil de nouvelles d’anticipation. En attendant, je te laisse en compagnie de ses mots…

Editions Belfond (2014)

Première partie

Je regrette. Je m’excuse.

Je n’change rien à l’atmosphère

Statutaire, générale,

Monumentale des tortionnaires.

Je suis juste un être primaire

Je travaille. Je m’étouffe.

On m’a mis là, je n’sais rien faire.

Mansfield TYA « Des journées ordinaires »

Seule au bout de 23 secondes

– Tu n’es qu’une pute, espèce de macaque, une salope descendue de l’arbre. Et moi je suis le messager de Dieu. File-moi ton 06, file-le-moi !

La trentaine basanée, l’homme hurle sur la jeune fille noire à côté de laquelle il s’affale. Pour éviter son contact, elle s’adosse à la paroi et lui fait face. Il serre une bouteille de bière et l’observe d’un air à la fois vague et rusé où couve une colère confuse. Il grimace, à la manière des gens que leur nez démange et qui ont la flemme de se moucher. Mais la fille prend ces rictus involontaires pour une obscénité qui lui serait adressée et elle se raidit de dégoût en sentant son haleine.

Plusieurs voyageurs sont à proximité : une femme blonde d’un certain âge, mince dans son cuir sombre, plongée dans un livre ; deux amis en pleine conversation et qui se sont tus aussi sec ; un solitaire avachi au milieu de ses sacs, le regard focalisé sur ses chaussures éraflées ; une jeune fille livide, manifestement terrorisée, et une Italienne qui marmonne avec un accent prononcé, dos à la scène, les mains entrelacées si fort que sa bague, un solitaire monté sur quatre griffes, mord sa chair brune. Le train franchit une zone boisée. Dans la prison des vitres, les visages blafards des voyageurs tranchent sur la masse sombre des arbres et du ciel confondus, piquetés du reflet des lampes. La voix de la fille noire monte dans les tours, trahissant la peur qui s’est emparée d’elle depuis que ce type inconnu s’est mis à l’injurier, à lui bloquer le passage de son corps massif parce qu’elle refuse de lui donner son numéro de portable.

– T’arrête de m’embrouiller ? Je t’ai rien demandé et tu viens me la foutre, là !

– C’est toi la pute, qui m’embrouille !

– Mademoiselle ? Vous voulez vous asseoir à côté de moi ?

De la rangée opposée, la femme blonde l’interpelle avec calme. La fille lui jette un bref regard afin de ne pas perdre de vue les gestes de l’homme. La femme garde un air vigilant, sans toutefois marquer d’inquiétude particulière, et cette apparence de sérénité la décide :

– Je veux bien, oui.

– Alors venez, dit-elle en désignant la place voisine, côté couloir.

La fille se lève aussitôt. L’homme refuse de bouger. Il est pris de court par cette intervention inattendue, sa capacité de répartie bridée par la drogue et l’alcool qu’il avale depuis son réveil. Alors elle l’enjambe et, en deux mouvements vifs, se réfugie auprès de la femme blonde. Les autres voyageurs sont absorbés dans la contemplation du vide, sourds à tout ce qui n’est pas la pulsation monotone du train. La fille se cale, les écouteurs sur les oreilles, tête baissée, dans l’attente de ce qui va suivre. Parce que c’est pas fini, oh non, elle en est sûre. Elle en a sa claque, putain ! Toujours la même chose : la boucler, subir les injures, les propositions dégueulasses à peine voilées, les compliments tordus, les regards agrippés à ses fesses et ses seins, les menaces. Le plus dur, c’est de laisser les mains se balader en souhaitant que ça suffira pour éviter le pire. Le plus dur, c’est cette trouille primitive, viscérale, qu’elle et ses copines doivent encaisser en permanence, qu’elles tentent de dompter en se refilant des astuces et en crachant que – chie ta mère – c’est une des trois saloperies réservées aux femmes avec les règles et la grossesse.

– Vous le connaissez ? chuchote la blonde.

Signe de dénégation.

– Quelqu’un vous attend à Toulouse ?

– Non.

– Alors vous restez avec moi. C’est quoi votre nom ?

– Tisha.

Citation de Frédérique Martin écrite de sa main

Citation de Frédérique Martin écrite de sa main

Deuxième extrait

Kader a la mâchoire contractée. Ses narines palpitent sous l’effort qu’il produit pour se contenir. Il secoue la tête sans lâcher Tisha des yeux.

– Tu sais ce que c’est, être une femme, Kader ? T’es jamais tranquille, ni dans la rue, ni dans les parkings, ni aux arrêts de bus, dans les forêts, à la campagne de sa race ou dans les putains de trains ! Ben reste chez toi, qu’ils disent. Mais c’est pire ! T’as encore plus à craindre des mecs que tu connais. Lis les stats !

– Nous ne sommes pas tous des violeurs en puissance, intervient Monsieur Bréhel avec douceur.

Claire lui adresse un sourire d’excuse. Il secoue la tête – Tout va bien, pas de souci. Depuis combien de temps ne s’est-il pas autant amusé ?

– Je rejoins Tisha sur ce point, s’aventure Claire. La prostitution qui se justifierait par la misère sexuelle de certains hommes, on n’en peut plus.

– Ouais, ma chérie, tu causes bien, lui dit Tisha, mais t’es trop polie. Sois plus directe : Je ne suis pas un vagin sur pattes ! Mec, si t’as des pulsions, c’est à toi de régler cette histoire.

– Ah, parce que mon désir fait de moi un malade ? s’insurge Kader.

– Si ça t’envahit à ce point-là et que tu prétends me l’imposer, alors oui, t’as un souci c’est sûr. Ce n’est pas aux femmes de s’allonger et d’écarter les cuisses pour que tu puisses te soulager. Je ne suis pas une œuvre de charité, conclut Tisha.

Monsieur Bréhel est partagé entre deux intentions contradictoires. Doit-il venir en soutien à l’autre représentant de son sexe pour lui redonner un peu de lustre ou bien abonder dans le sens des femmes et du respect qu’il a toujours pensé leur devoir ?

– Il me semble pourtant que les relations vont vers l’apaisement et l’égalité, lance-t-il. Il n’y a pas si longtemps vous passiez des mains du père à celles du mari sans jamais avoir votre autonomie. Il y a peu vous n’aviez pas le droit de voter ou d’avoir votre compte en banque.

– C’était l’bon temps, ricane Tisha.

– Il y a même une époque où vous n’aviez pas d’âme, mon petit !

Tisha jette un regard courroucé à Monsieur Bréhel.

– Ma tentative d’humour a échoué, dit-il. Va falloir que j’écope […]

Claire se lève pour débarrasser, imitée par son invité avec un tel empressement qu’il se cogne le genou dans la table basse autour de laquelle ils ont dîné. Tisha se lève à son tour […] Kader décide de ne pas se lever, de ne pas participer et d’aller jusqu’au bout de la logique dans laquelle il s’est enfermé. Il consulte sans cesse son portable, et résiste à cette pulsion – on y revient, Tisha – qui le taraude d’appeler Juliette, de lui envoyer un message. Est-ce que tu es avec Ethan, bordel ? […]
Claire vient s’asseoir à côté de lui. Kader fixe ses chaussures.

– Je suis un sale type, c’est ça ?

– Pas du tout, Kader, vous ne parliez pas de la même chose. Tu es parti sur des généralités, mais tu penses à quelqu’un en particulier, je me trompe ?

– Tu as des nouvelles de Juliette ?

– Elle a juste envoyé un texto pour dire qu’elle ne rentrerait pas.

– Merde ! Putain de merde !

Claire veut le prendre dans ses bras, mais Kader la repousse. Il refuse de chialer en plus du reste et ça ne loupera pas s’il se laisse attendrir. Il pense aux disputes avec ses parents au sujet de ses choix de cohabitation, à ce boulot qu’il garde pour assumer financièrement, aux efforts quotidiens qu’il fournit, lui qui a eu l’habitude d’être servi par sa mère et sa sœur, qui ne s’était pas interrogé jusque-là sur le bien fondé d’une répartition si nette des rôles.

– Elle ne me calcule pas. Elle s’en fout.

– Elle t’aime beaucoup, Kader, tu le sais.

– Il y a un mot en trop dans ta phrase.

Propos recueillis par Nathalie Gautreau
www.gautreauteur.com

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1 commentaire

  • Répondre Les Blogs parlent de « Sauf quand on les aime » – Frédérique MARTIN 30 octobre 2017 at 16 h 19 min

    […] La vi(ll)e en rose : Un roman fait pour le cinéma […]

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