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[Chronique Littéraire] Havre nuit d’Astrid Manfredi

Havre nuit

Il y a des romans, c’est ainsi, que l’on attend. Presque impatiemment. Presque comme une urgence. Presque comme une nécessité. Parce que le lecteur est parfois égoïste et souhaiterait que les choses aillent vite, encore plus vite, que l’auteur commette une nouvelle fiction encore plus forte, encore plus captivante que celle lue la dernière fois. Plus vite, toujours plus vite parce qu’on vit une époque où tout va vite. Trop vite peut-être… Mais il faut laisser du temps à l’auteur, du temps pour ressentir des choses, pour laisser libre cours à sa phase de création, à son processus narratif, parce que les auteurs ne sont pas des machines mais des êtres humains forts et fragiles à la fois. Tout comme nous autres qui nous délectons ou détestons leurs œuvres (mais avec respect). Tout comme les personnages que nous propose la plume d’Astrid Manfredi, qui refuse toute forme de tiédeur avec les mots, avec les phrases, avec les uns et les autres. Totalement entière parfois.

Havre nuit est un texte magnifique, tragique, brutal et doux, violent et touchant, bouleversant, qui démontre l’entière difficulté à aimer, à laisser aller ses sentiments, à s’abandonner. La vie comme des montagnes russes, comme des montagnes rudes. Un roman noir mais aussi et surtout un roman d’amour. Et pour son deuxième opus, Astrid Manfredi vaut bien qu’on s’y attarde, qu’on s’y attache car l’histoire qu’elle nous raconte est fort singulière ; en cela elle ne manquera pas d’en surprendre plus d’un.

Astrid Manfredi

Photo Astrid Manfredi © DR Havre nuit

Les deux protagonistes, Alice et Laszlo, sont deux quarantenaires qui se sont connus pendant leurs études ; deux cœurs cabossés depuis leur naissance, quasiment. Si l’une a été élevée par un père aimant et taiseux, docker immigré de son Italie natale, elle a perdu Louise, sa mère alors qu’elle était petite fille et cela a creusé en elle des sillons de douleur qui semblent la rendre presque inapte à toute forme de douceur. Quant à Laszlo, le fils d’un immigré polonais, né d’un coup de rein furtif et disparu aussitôt la plume retombée, il n’est pas non plus armé pour la couleur, pour la lumière ; sa mère tente de colmater les brèches affectives mais, démunie, elle ne sait donner toute l’affection dont a besoin tout enfant pour se construire.

Et pourtant ces deux-là vont se rencontrer, se découvrir, s’aimanter, s’aimer mais tout en retenue. Sans jamais parvenir à s’avouer leur intime secret, sans jamais baisser la garde, parce qu’ils sont faits ainsi. Érigés dans le non-dit, ils deviennent des non-dits à leur tour. Comment s’exprimer ? Pas évident quand on doit respirer et tenter de vivre avec un tel handicap. Ce n’est pas une question de pudeur, juste une question d’amour impossible qui va les conduire tous les deux sur le chemin de l’improbable où le dicible devient totalement indicible. À chaque instant ils seront malmenés, secoués, se croiseront… Finiront-ils par se reconnaître ? Se retrouver ? Tout est possible avec Astrid Manfredi qui ménage le suspense jusqu’à la dernière page.

Il ne faudrait en aucun cas oublier un personnage important de ce roman où chaque phrase semble ciselée au scalpel : Le Havre. Cette ville rectiligne, presque toujours plongée dans un camaïeu de gris, participe aussi de cette ambiance. Malgré le ressac qui claque contre les galets et qui pourrait ramener la vie et une sorte de fraîcheur, nous restons enfermés comme Alice et Laslzo. Noyés dans cette atmosphère de cargos, d’odeurs de graisse, étourdis par ces images de muscles et le parler singulier des dockers, pris dans ces ambiances enfumées et alcoolisées des estaminets où des putes rôdent le soir dès le brouillard et le crachin tombés pour gagner quelques billets, permettant aux marins d’exulter. Le Havre, ville presque factice où Alice a grandi et dont elle n’arrive pas à s’extraire. Pour se sauver, sauver son âme, sauver son cœur. Le Havre, pour le pire et, toujours pour le pire. Le Havre, théâtre de cette histoire d’actes manqués.

En refermant ce roman, j’étais secoué comme rarement. Secoué par la lucidité d’Astrid Manfredi à nous révéler avec une maîtrise redoutable combien l’écriture est un acte grave, combien l’écriture est un miroir qui peut – quand l’oeuvre est pertinente -, nous renvoyer notre propre image, nos propres âmes, celles-là que l’on tente parfois de dissimuler. En vain…

Havre nuit d’Astrid ManfrediEditions Belfond –  220 pages – Parution : février 2017 – Prix : 18,00 € – Couverture © Voiture 14 – A & G. Bullat

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Christophe Maris, Journaliste – Écrivain – Expert en communication
© MARIS Conseil – 2017 – Tous droits réservés

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