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Laisse-toi écrire… L'atelier d'octobre

Laisse-toi écrire...

Chaque premier du mois, La Vi(ll)e en rose te propose un espace pour défouler tes doigts, faire craquer tes métacarpes, raffermir ton muscle radial, ulnaire et palmaire… Il suffit pour cela de suivre la ligne rose qui te guidera jusqu’à l’inspiration. Et nous envoyer ta bafouille, ton oeuvre, ta création, en commentaire de cet article ! Tu as manqué l’atelier de septembre ? Nulle inquiétude : grâce à la magie du net, tu peux y retourner à loisir et nous y laisser ton écrit par ici. Sans plus tarder, voici un sujet frissonnant pour ce mois d’octobre…

 « 31 octobre. Soir d’Halloween. Deux jeunes femmes reviennent d’une fête costumée célébrée en ville, à une heure tardive. Brouillard, solitude et route sinueuse. Quand soudain… » A toi d’imaginer la suite de cette histoire lugubre. La longueur dépendra de ton inspiration, court ou long, c’est toi qui décide ce qui est bon. Mais ATTENTION : tu devras terminer ton texte par une chute humoristique ! Parce que nous, on voit toujours la vi(ll)e en rose, tu le sais bien.. »

Mister Cash, film de Kwietniowski avec P. Seymour Hoffman (2002)

Quand soudain… Un éclat argenté sur le bitume mouillé fait cligner les yeux de Mélanie. Elle regarde dans son rétroviseur intérieur, s’attendant à voir apparaître un véhicule. Elle ne porte pas ses lunettes, car malgré le thème de l’horreur qu’impose généralement la soirée d’Halloween, elle craint toujours qu’on ne la trouve vraiment monstrueuse avec ses gros hublots. Mélanie jette un rapide coup d’œil à sa voisine, qui semble hypnotisée par la succession des traits lumineux sur la route. L’espace d’un instant, elle revoit Clara, déguisée en infirmière diabolique, se désarticuler au milieu de la piste sous l’effet des stroboscopes, comme une vieille poupée cassée. Les deux amies ouvrent ensemble un large bec pour lâcher un bâillement rauque qui les fait immédiatement éclater de rire.

Cet instant d’inattention a dirigé la voiture vers le côté droit de la route, près du ravin. Quand Mélanie s’en rend compte, elle donne un coup de volant brutal pour redresser l’engin qui pousse un grand cri de détresse. Surprise par ce bruit strident, Mélanie écrase la pédale de frein. Un 4×4 gris, surgi de nulle part derrière elle, menace les jeunes filles à coups de klaxons agacés.

– Eh oh ! Ça va, hein ! Y a du brouillard, abruti ! hurle Mélanie qui se sent invulnérable, dans l’intérieur confortable de son automobile.

– Pas tant que ça, en fait… Mais sans tes lunettes… Clara n’a pas le temps de finir sa phrase que les deux amies rient de nouveau. Puis Mélanie se penche un peu plus sur le volant, serre la mâchoire et appuie sur le champignon pour distancer le conducteur impatient. L’aiguille sur le compteur s’agite : 95, 100, 110, 130 km/h. Très rapidement, le véhicule étranger s’évanouit dans la nuit.

Mais tandis que Mélanie regarde toujours derrière elle à travers son rétroviseur, Clara s’écrie :

– Attention ! Freine ! Freine ! Freine !

Mélanie n’a pas beaucoup bu ce soir, mais suffisamment pour voir ses réflexes diminuer. Si l’on ajoute à cela la myopie et le manque de sommeil, on arrive à un résultat de cinq secondes avant que la jeune femme ne réagisse. C’est long. Trop. La voiture heurte violemment un immense tronc d’arbre renversé sur le chemin. Immédiatement, Mélanie s’inquiète pour Clara, qui ne semble pas blessée. Celle-ci peste en effet allègrement contre son amie, signe indiscutable de sa bonne santé. Les deux jeunes femmes sortent du véhicule pour constater les dégâts. Par chance, le capot est à peine enfoncé. La présence de cet arbre ne manque pas d’étonner les deux copines : ici, le paysage est peu vallonné, la forêt commence bien plus loin, et il n’y a pas eu de vent depuis des lustres.

– Bon… On est à cinq minutes de chez nous, là… Alors que si je fais marche arrière, on va devoir encore rouler une demi-heure, je n’ai pas le courage. Tu m’aides à le dégager de la route ?

Après moult tergiversions et contestations animées de la part de Clara, la jeune femme finit par céder et les deux amies se retrouvent à pousser ce poids mort de toutes les forces qui leur restent. Heureusement, la route est légèrement pentue et au bout de quelques minutes d’effort, l’arbre se met à rouler de plus en plus vite pour finalement s’écraser en contre-bas dans un vacarme épouvantable. Les deux amies restent un instant muettes, n’osant plus bouger, comme deux enfants qui auraient fait une grosse bêtise. Puis, après un petit gloussement embarrassé, Mélanie retourne à sa voiture, suivie de Clara.

La voiture blanche roule encore sur un kilomètre avant de s’engager dans un rond-point. Elle fait le tour pour prendre à gauche, direction Castelginest. A présent, le paysage est de plus en plus bordé d’arbres biscornus aux silhouettes inquiétantes. Clara s’est assoupie contre la vitre froide et sa respiration embue une partie de la fenêtre. La solitude qu’éprouve alors Mélanie, dans ce décor peu accueillant, lui donne envie d’arriver très vite à destination. Elle sursaute tout à coup lorsqu’une lumière aveuglante apparaît derrière elle. Elle fait des appels de phares au véhicule pour l’inviter à passer en feux de croisement. Mais celui-ci se met à l’imiter, faisant clignoter ses phares de plus belle. Alors, Mélanie appuie un peu plus sur l’accélérateur. Elle reconnaît le 4×4 gris de tout à l’heure. Il serre de plus en plus l’automobile blanche et se met à klaxonner, d’abord trois coups rapides qui ont pour effet de réveiller Clara, puis plusieurs coups longs et menaçants.

– Mais qu’est-ce qu’il a celui-là ? Qu’est-ce que t’as fait encore ?

– Rien du tout ! Il est barré ce type, ça fait cinq minutes qu’il me colle comme un malade et me fait des appels !

– On a peut-être un problème avec la voiture… ?

– Tu parles ! C’est l’autre débile de tout à l’heure ! Il a vu qu’on était deux nénettes, c’est tout ! Avec ton costume d’infirmière aussi, tu m’étonnes…

Le 4×4 accélère encore, comme pour dépasser la voiture blanche. Mais Mélanie, qui panique, serre à gauche pour l’en empêcher. L’homme klaxonne de nouveau, ouvre sa fenêtre et se met à hurler sans discontinuer.

– Accélère bordel, accélère ! Il va nous foutre dans le fossé, ce con ! s’écrie Clara, totalement paniquée.

– Je suis déjà à 140 et je vois que dalle, là ! Y a trop de brouillard !

– Alors freine d’un coup, pour le surprendre, et fais demi-tour le plus vite possible !

– On n’est pas dans un film Clara, arrête tes conneries ! Et je fais quoi après ? Il n’y a rien par ici, c’est désert, ce psychopathe va nous rattraper de toute façon !

Les deux jeunes femmes, fauchées par la confusion, se taisent quelques secondes. Alors Mélanie décide de jouer le tout pour le tout. Elle pousse le frein à fond avec le pied droit. Mais l’humidité des nuits d’octobre a rendu la chaussée glissante, et l’arrière de la voiture commence à tourner. Mélanie tente de maîtriser le véhicule en jouant du volant. La peur la rend maladroite et ses manipulations ne font qu’augmenter le manège. La petite voiture blanche tourne alors trois fois sur elle-même avant de s’encastrer dans plusieurs panneaux jaunes. Secouées par le choc, les deux jeunes femmes perdent connaissance.

Un toc toc contre la vitre les ramène doucement à elles.

– Tout va bien ? Tout va bien, dites ? Bon sang, j’ai cru que je n’arriverai jamais à vous rattraper, vous êtes complètement dingues ! Dix mètres de plus et on finissait tous en pâté ! La route s’arrête net ici, elle est en travaux depuis hier…

Nathalie Gautreau
www.gautreauteur.com

* Photo à la Une : montage © N. Gautreau à partir d’une image extraite du film Alice in wonderland de Tim Burton et d’un fond d’écran gratuit signé GentSide Découverte.

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  • macha seruoff 2 octobre 2014 at 22 h 41 min

    31 octobre. Soir d’Halloween. Deux jeunes femmes reviennent d’une fête costumée célébrée en ville, à une heure tardive. Brouillard, solitude et route sinueuse. Quand soudain…

    aline se met à hurler. marie, qui conduisait, se met à hurler encore plus fort. de trouille. de stress. d’angoisse. donc deux hurlements stridents dans une minuscule twingo rose ça fait du boucan j’t’assure. au même moment à la radio céline dion chantait. ou plutôt hurlait comme à son habitude. ce qui rendait la scène -je te rappelle l’ambiance ô public : soir d’halloween brouillard nuit ET céline dion- encore plus apocalyptique.

    – mais pourquoi tu hurles comme ça ? hurla marie
    – putain mais je viens de… de… de… ! hurla aline
    – tu viens de quoi ? hein ? de quoi ? hurla marie
    – toi tu te fais velours et tes bijoux brillent sur toi ! hurle céline dion
    – tu viens de quoi ? rehurle marie
    – je viens de de de me rendre compte que j’ai oublié.. rehurle aline
    – d’oublier quoiiiiiiiiiiiiiiii ? rerehurle marie
    – un regard quand elle se penche et laisse deviner un sein… rehurle céline dion
    – d’oublier ma courgette au bal masqué !!! rerehurle aline

    marie freina brusquement. le choc fut non violent mais son crâne vint tout de même heurter le plafond de la mini twingo rose. aline hurla de nouveau.

    – mais ça va pas non de freiner comme ça !!!!!!!!!!!!! hurla aline
    – au bal masqué ohé ohé ohé… hurla céline dion (ah non pardon : la compagnie créole) (je les confonds parfois)
    – tu as oublié ta courgette au bal masqué ? DONC tu hurles comme une dingue dans la voiture ? cria marie
    – bah oui… murmura aline
    – tout est logique dans ta tête ? il ne te manque rien d’autre que ta courgette tu es bien sûre ? demanda marie
    – ohé ohé ohé continua la compagnie créole
    – oui à part ça heu tout va bien… enchaîna aline qui profitait de la pause pour se remaquiller dans le rétro

    marie secoua la tête. trois fois. regarda en biais son amie. soupira. et redémarra.
    la compagnie créole continuait de ohé ohé et la chaussée se fit un peu plus glissante.

    une voiture blanche les doubla à grande vitesse. suivie d’un énorme 4×4.

    – tiens c’était ces pétasses de clara et mélanie dit aline
    – ah bon ? questionna marie
    – ohé ohé au bal masqué répondit la compagnie créole
    – ouais elles étaient au bal elles aussi. ça se trouve elles ont récupéré ma courgette ???? s’exclama aline
    – mais oui c’est sûrement ça ma chérie. voilà pourquoi elles roulaient si vite. et le 4×4 c’était l’inspecteur gadget ! claironna marie
    – tu te fous de ma gueule là non ? pleurnicha aline
    – oui complètement ! ricana marie

    marie explosa de rires. et aline aussi. les deux amies arrivèrent chez elles (car elles vivaient en coloc) (enfin c’est plus simple pour l’histoire tu comprends ?). devant leur maison les attendaient mélanie et clara.

    – merde t’avais raison gloussa marie en se garant
    – ma courgette ! hurla aline en descendant très vite de la mini twingo rose

    mélanie et clara tendirent solennellement une courgette à aline. celle-ci la prit dans ses bras l’embrassa sauta en l’air. trois fois.
    marie soupira.

    – merci les filles… fallait pas… mais bon… elle aurait eu du mal à s’endormir sans son doudou fétiche…

    macha (saine de corps et d’esprit) en live en cinq minutes (mouahaaaa)

  • laurent 3 octobre 2014 at 12 h 54 min

    31 octobre. Soir d’Halloween. Deux jeunes femmes reviennent d’une fête costumée célébrée en ville, à une heure tardive. Brouillard, solitude et route sinueuse. Quand soudain Lise entend comme le vrombissement d’un million d’insectes. Ce bruit venu tout droit des enfers s’accompagnent maintenant des cris d’Alice. Les criquets, entrent par les aérations, s’agrippent à leurs cheveux, tentent de pénétrer dans leurs bouches, leurs oreilles. L’habitacle est maintenant rempli de millier d’insectes, Alice ne peut s’empêcher de lâcher le volant, la voiture tourne, vrille, comme une feuille sous le vent automnal, pour terminer sa course contre un platane. Un bruit sourd, un choc franc. Lise appelle Alice, elle ne sent plus son bras droit et ne parvient pas à détacher sa ceinture, le brouillard et l’odeur de poudre des airbags finit de l’embrumer. Elle relève doucement la tête, un éclat de verre a balafré son doux visage maintenant sanguinolent, elle demande à son amie si tout va bien, celle-ci se balance maintenant d’avant en arrière en prononçant :
    – les insectes, les insectes, les insectes… »
    -Ils sont partis ! cria-t-elle, aide moi à défaire ma ceinture que je nous sorte de là !
    Alice reprend doucement ses esprits, elle échange un regard à son ami et lui assure :
    -c’est bon, plus d’insectes, on va s’en sortir mainten…..
    Un coup retentit et résonne dans toute la campagne environnante, comme un coup de fouet fendant l’air glacial de cette nuit. Des éclats d’os et de cervelle viennent se coller sur le visage pétrifié de Lise, un homme se tient du côté conducteur, un flingue encore fumant à la main.
    Pendant que l’homme fait le tour de la voiture à pas lents, Lise sent que la fin est proche, un mélange d’adrénaline est de peur fait vaciller son esprit qui bouge dans tous les sens quand son corps est paralysé. La vitre explose sous le coup de crosse du beretta, Lise regarde maintenant la mort en face.
    Ses mains se crispent et elle ressent une vive douleur sur la joue pendant que l’homme la met en joug et qu’il n’y a plus que le silence entre eux. Ses yeux se ferment par réflexe, et là, elle ressent comme une déchirure brûlante sur l’autre joue. Elle ouvre ses yeux et voit Alice, elle est assise sur elle, lui maintenant les bras avec ses genoux, elle a l’impression qu’elle hurle sur elle mais n’entend rien, elle est complètement perdu, elle reprend une claque qui la réveille un peu plus et… Le son revient peu à peu, puis elle entendit clairement les hurlements :
    -je ne m’appelle pas Alice bordel !!! Je suis ton amie Cynthia !!! Reviens, reviens !! Je t’avais pourtant dit de na pas prendre cet acide que tout le monde appelle « Alice au pays du chaos »…
    Lise se rappela et se dit « demain tout ira mieux, tout ira mieux… »

  • nathalie gautreau
    nathalie gautreau 3 octobre 2014 at 13 h 33 min

    Merci à vous deux pour votre participation ! C’est top ! Macha, tu es la première encore une fois. (Pour ça, je te donne +1. Par contre, tu vas devoir m’indiquer un bon ostéo, ton texte ayant provoqué chez moi un algo dysfonctionnement de l’appareil manducateur.) Non mais je te jure !
    Macha = folle ! Macha = drôle ! Macha = frôle…les coeurs ? Ma mâchoire n’en est en tout cas pas sortie indemne. Merci encore pour ce moment de franche rigolade !

    « LAURENT » à « l’Art-no » (c’est-à-dire, à la plume belle et rebelle), au « lard-known » (au style incisif bien connu), merci pour ce grand cru à déguster à toutes les sauces… sans acide 🙂 Jusqu’au bout je me suis demandée comment se terminerait l’histoire… Bravo ! En espérant te retrouver le mois prochain pour un nouvel atelier.

    Nathalie

  • Isa 10 octobre 2014 at 9 h 28 min

    31 octobre. Soir d’Halloween. Deux jeunes femmes reviennent d’une fête costumée célébrée en ville, à une heure tardive. Brouillard, solitude et route sinueuse. Quand soudain, au milieu de la poix sèche, intensifiée par les mirettes qui se ferment, une lumière violente, violette, verte, ou bleue, se fait. Des silhouettes inhumaines, sombres, s’approchent. Les filles sont à pied et se fondent vite dans les broussailles alentour. fermer
    Les quatre paupières se barricadent à double tour, les pupilles trop dilatées par la fête sont bien décidées à se faire discrètes, calfeutrées au plus profond des orbites. Pas vu, pas là : Ce que je ne vois pas n’existe pas.
    Sauf quand je l’entend.
    Des bruits de gorge clapotent, ahanent. Le cri rauque de la première force la deuxième à regarder, à la regarder elle, puisqu’elle ne peut pas se décider à donner la vie aux choses en y jetant un œil. Mais la première garde les cils serrés les uns contre les autres, son beau visage plissé dans une moue horrible, elle se force à respirer doucement, mais quand on y pense, c’est bien pire, et ce souffle chaud contre sa nuque, additionné aux bruits inhumains qui s’approchent…
    Elle choisit la nuit.
    Elle choisit la mort, elle ne veut plus une seconde de plus de cette peur immonde, tordeuse de boyaux, elle préfère le noir qui clignote de ses paupières froncées que le sang d’ancre qu’elle se fait à l’idée même de… A l’idée même de rien, elle est trop terrifiée pour échafauder la moindre hypothèse, elle n’analyse rien, n’enregistre rien que les sensations corporelles terribles qui la terrassent. Elle tremble de tout son corps, elle vibre au diapason du son sourd de son angoisse. Ses cheveux lui font mal comme si on lui tirait dessus, mais n’est ce pas réellement ce qu’il se passe, car la douleur est telle… Le temps n’existe plus.

    Et, pas si loin, le vieux Pont neuf s’amuse dans la brume. Il s’éclaire, il s’éteint, comme un enfant capricieux dans les guirlandes de fin d’année.
    Il est le roi des fêtards, celui qui se pavane, qui répercute les chants, le son des guitares de la Daurade, celui qui danse dans les lumières violentes, violettes, vertes, bleues.
    Et il est celui qui se tait, le peureux, qui se terre dans l’ombre, les pieds dans l’eau glacée et mouvante des peurs.

    • nathalie gautreau
      nathalie gautreau 10 octobre 2014 at 14 h 38 min

      Merci Isa ! Frissons de peur et d’émotion poétique, avec ce très joli texte qui nous rappelle que les jeunes éméchés errant sur les quais de la Daurade – bien qu’inquiétants parfois – ne sont que de joyeux troubadours…! 😀

  • véronique 10 octobre 2014 at 13 h 57 min

    31 octobre. Soir d’Halloween. Deux jeunes femmes reviennent d’une fête costumée célébrée en ville, à une heure tardive. Brouillard, solitude et route sinueuse. Quand soudain…
    Plus d’éclairage public. Clic, le noir, rien que du noir. Les deux filles se regardent, et dans leurs yeux, une lueur faite de peur, de stupéfaction, d’angoisse se fait sentir. Au moins, ça éclaire un peu.
    Olympe sort de son sac une lampe de poche qui leur permettra d’aller jusqu’à la voiture… il y avait tellement de monde à cette fête (ridicule, mais dans ce bled paumé, on ne perd pas une occasion de s’amuser !) que les filles ont du garer leur bolide à 2 km de la salle des fêtes. Pélagie, elle, ne cesse de pester. Elle a mal aux pieds, parce que trop dansé sur ses talons hauts, mal à la tête, parce qu’un peu trop bu de ce breuvage orange, dont on ne sait pas exactement quels substances y ont été ajoutées, et elle est fatiguée. Pas envie de marcher. Elles ont raté la dernière navette qui aurait pu les ramener à la Mini noire mate flambant neuve prêtée pour l’occasion par une amie d’Olympe.
    Et si elles ont raté le minibus, c’est parce que Pélagie a dragué un bellâtre ténébreux, déguisé en Dracula, et que le pseudo vampire, loin d’avoir envie de planter les dents dans son cou a préféré s’eclipser discrètement avec ses copains pour échapper à la vilaine Maîtresse sado-maso incarnée par la jeune fille, qui avait poussé le détail jusqu’à s’équiper d’un véritable fouet, et en avait « joué » toute la soirée avec plus ou moins de succès. Rôle de composition, bien sûr, Pélagie ne recelait pas deux sous de malice, à moins qu’elle ne cachât dans son moi profond de plus sombres pensées…
    Olympe marche d’un bon pas, n’ayant qu’une envie, se glisser dans de bons draps bien réconfortants après cette sombre soirée où elle ne s’est même pas amusée. Si elle est venue, c’est bien parce que le jeune homme qui fait vibrer son cœur en ce moment DEVAIT être là. Mais n’est pas venu. Il lui avait pourtant donné rendez-vous, à 22h30, sur le parking, en face de la place n° 125. Elle l’a attendu, attendu, mais il n’est jamais venu…Olympe marche, perdue dans ses pensées, se demandant comment elle va se venger de l’infamie…. Elle a horreur qu’on lui pose…..
    – Un lapin !
    – Quoi, un lapin, s’écrit Olympe, que le cri de son amie a sorti de ses funèbres pensées.
    – Là, un lapin, regarde !
    – Je ne vois rien, dit Olympe, toujours bougonne…
    – Allez, marche, on va pas y passer la nuit ! ajoute t’elle.
    – Mais si, un lapin, insiste Pélagie, je t’assure, je l’ai vu, il tenait un fouet à la main, comme le mien !
    – Tu délires, ma pauvre vieille… tu es sûre qu’il ne t’a pas mordu, le vampire ?
    – Mais non, je t’assure, implora Pelagie, il avait vraiment un fouet, on aurait dit qu’il courait après quelqu’un !
    – C’est ça, et il courait après une marmotte, peut être ? Pélagie, on est à Toulouse, pas dans la toundra !
    Olympe commençait à trouver le temps long, et son amie un peu lourdingue…. Elle se dit en elle-même : je suis pas prête de dormir, si il faut qu’elle cuve ce qu’elle a bu …. Et elle se voyait déjà confortant sa copine, penchée sur la cuvette des toilettes, en train de dégueuler triples boyaux et attendant avec le gant mouillé d’eau froide que ça passe… ou pas….
    Soudain, Olympe n’en croit pas ses yeux : elle vient de voir passer le lapin au fouet, poursuivi par une belette qui brandit un parpaing qu’il s’apprête à jeter sur sa cible.
    Elle pointe sa lampe de poche sur la scène, talonnée par Pélagie qui trottine tant bien que mal, ses chaussures à la main. Elle n’en croit pas ses yeux. Pourtant, elle n’a rien bu, elle ne boit pas d’alcool, rien fumé, elle ne fume pas… elle pense être victime d’une hallucination, lorsqu’apparait, sorti de nulle part, un chasseur en costume tyrolien avec un fusil énorme, qui se met à tirer sur les deux « gibiers ». Le lapin, rapide comme l’éclair (ça aussi, ça éclaire, je rappelle que l’éclairage public est en panne)* disparaît derrière les uniques buissons qui bordent la route, tandis que la belette, plus opiniâtre, tente de balancer son parpaing sur le poursuivant qui lui, tente de viser la belette tout en courant…
    Olympe regrette de ne pas avoir pu sortir à temps son téléphone portable pour filmer la scène. On est en plein surréalisme, se dit-elle, tandis que Pélagie triomphe de bonheur en sautant sur place (malgré son mal aux pieds) et en hurlant : tu vois, je te l’avais dit, tu ne me crois jamais quand je te dis quelque chose !!!!
    Malheureusement, les cris de la jeune fille attirent sur elle l’attention du chasseur qui, après une demi-seconde d’étonnement, se met à viser posément, lentement les deux amies. La belette en profite bien entendu pour s’enfuir…
    Nos deux copines se disent –en même temps, mais chacune dans sa tête- que leur dernier instant est arrivé, qu’elles vont mourir, là, maintenant, tout de suite, sur le bitume, qu’on retrouvera leur corps au petit matin, écrabouillé par toutes les voitures et les camions qui seront passés par là, sans même les voir, et que ce n’est pas juste, elles avaient encore tant de choses à faire sur cette terre, et que si elles avaient su, elles en auraient profité plus et …. Et …. Et…
    Une camionnette blanche s’arrête à leur hauteur, quatre hommes en blanc en descendent, courent vers le chasseur, le plaque à terre, lui mette une camisole de force, et l’embarquent en disant, allez, Thierry, tout va bien, on rentre, maintenant. Tout ça devant les yeux de plus en plus ébahis des deux filles. Un des quatre hommes les interpelle :
    -Eh, vous deux, vous n’auriez pas vu un lapin et une belette passer par là, par hasard ?
    Olympe et Pélagie se regardent, regardent l’homme, tendent le doigt –de concertet sans un mot- en direction du buisson, et voient à ce moment là deux formes poilues, bien debout sur leurs deux pattes arrières sortir des feuillages, et se taper dans la main en criant joyeusement à l’homme en blanc :
    -il était temps que tu arrives, j’ai bien cru qu’il allait me flinguer pour de vrai !!!!
    Les pauvres filles ne peuvent pas refermer la bouche, tellement interloquées par ce qu’elle vienne de voir… ont-elles vraiment vécu cela ?
    C’est à ce moment là que l’éclairage public se remet en route, et qu’elles se retrouvent seules sur la route, à 200 mètres de la Mini qui les attend bien sagement.
    Pélagie dit à ce moment à Olympe :
    – Je les ai trouvé excellents, les petits biscuits qu’on a mangé à la fête… j’aimerais bien avoir la recette.
    – Oui, j’ai bien aimé aussi, répond Olympe… d’ailleurs, j’en ai mangé plus que je n’aurais du…
    – Quand même, ils avaient un drôle de goût, il y a une personne qui m’a dit qu’il y avait du LSD, dedans, c’est quoi, le LSD ????

    *(NDLA)
    Avertissement : toute allusion à une chanson des Wriggles s’intitulant « Thierry le chasseur » serait absolument fortuite et involontaire….

    • nathalie gautreau
      nathalie gautreau 10 octobre 2014 at 14 h 49 min

      Cette mini noire mate flambant neuve me dit quelque chose… 😉 Merci pour ce texte bien amusant. LSD, LSD… C’est pas un Pago de « Laranja Sapoti Damasco »… ? (Orange, Sapotille et Abricot en portugais)… 😛